page suivante »
UNE VISITE A LA BIBLIOTHEQUE DE CARPENTRAS 33
bert, qui, de son vivant, s'est fait autoriser par le pape à la
transformer en bibliothèque publique et l'a léguée, à sa
mort, Ã ses concitoyens.
Ce vénéré prélat dont le mains libérales
Ont laissé, dans Vaucluse,
Le pauvre sans hesoin,
L'ignorant sans excuse.
a ainsi assuré les destinées de ses trésors manuscrits, déjÃ
ouverts depuis plus de deux siècles aux yeux de tous les
savants. Le catalogue, qui en a été fait avec intelligence
et érudition par le bibliothécaire actuel, M. Lambert, n'a
été publié qu'en 1862, et, depuis, de fréquents emprunts
ont révélé la richesse de ces matériaux. Il n'est pas de
publication importante en histoire, ou en littérature qui ne
puisse recevoir là d'utiles communications. Pour ne citer,
à cause de son actualité, que la collection des grands écri-
vains de la France, que de lettres de Malherbe n'a-t-elle
pas trouvées parmi les copies toujours si exactement faites
d'après les ordres de Peiresc ! Et encore les détournements
de Libri l'ont singulièremenr appauvrie, car plusieurs
pièces détachées de ses registres manuscrits ont été rete-
nues, après le procès, par la Bibliothèque nationale, sous le
prétexte que le droit de propriété de la ville de Carpentras
n'était pas assez précisément justifié. Paris s'est adjugé
ainsi une quantité considérable de documents qui n'étaient
réclamés que par la bibliothèque de Carpentras, que Libri
reconnaissait avoir été dérobés dans la collection Peiresc,
et qui ont été qualifiés d'objets détournés au préjudice
d'inconnus, pour mériter le sort très honorable qui leur a
été fait au cabinet national des manuscrits.
Telle qu'elle est, cette collection se trouve l'objet des
N° 1. — Juillet 1S87. 3