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30 LE DERNIER DES VILLEROY
plus déliés, il réussit dans toutes les missions qui lui furent
confiées et son séjour à Rome lui valut un triomphe à son
retour.
Ami et compagnon de chasse de Charles IX, passionné
aussi pour les chiens et les chevaux, le jeune ambassadeur
écrivit, pour plaire à son maître, le livre si estimé de la
Vénerie; mais en partageant les plaisirs et les dangers du roi
dans les forêts, il eut l'habileté ou le bonheur de se séparer
de lui, quand il vit l'abîme où les passions politiques
allaient jeter la Cour et il sut échapper aux hontes fatales
de la Saint-Barthélémy comme aux flétrissures qui frappè-
rent moins Charles IX que son entourage.
Ennemi et rival de Sully, qui penchait pour les protes-
tants, Villeroy se rallia énergiquement à Henri IV, après
l'abjuration de celui-ci. Sa souplesse et son habileté le
firent bien voir du Béarnais comme de son fils et bien vivre
avec tous, même avec Mazarin dont il ne partageait pas
cependant toutes les idées et qui, comme Sully, trouva
maintes fois en lui un antagoniste et un rival.
Écrivain estimé, penseur profond, Nicolas IV a laissé de
volumineux mémoires pleins de faits, d'enseignements,
d'aperçus nouveaux et de documents précieux.
A sa mort, en 1617, la maison de Villeroy était dans un
tel état de prospérité que cela fit dire à un courtisan que si
le défunt avait bien fait les affaires de la France, il n'avait
pas oublié les siennes.
Ce mot ne contredit point le jugement du cardinal de
Richelieu qui disait de lui : « Ce fut un homme de grand
jugement, non aidé d'aucunes lettres, et présumait beau-
coup de soi. (N'y a-t-il pas là un soupçon de jalousie ?
On le croirait.) Il était timide de son naturel..., plus mé-
moratif des injures que des obligations, auxquelles il avait