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475 ne contre Philippe, fait vibrer encore une fois dans les cœurs la fibre paralysée du patriotisme, et porte l'épou- vante au fond des âmes vendues au tyran macédonien; ce géan t, qu'il est beau, qu'il est grand, qu'il est terrible ! !... — Combien d'autres voix éloquentes, combien de sublimes génies à admirer encore, poètes, philosophes, historiens, orateurs ! Quelle nombreuse et rayonnante Pléiade au ciel littéraire de la Grèce ! Rome, moins riche que la terre des Hellènes est pour- tant loin de l'indigence. Plaute et Térence s'essaient à faire revivre Aristophane et Ménandre. Le poète Lu- crèce déploie un génie vigoureux qu'il voue malheureu- sement à la plus désolante des philosophies. Cicéron, bien que sa voix ait moins d'éclat que la voix tonnante de DemosthèneSj verse un fleuve de majestueuse élo- quence sur la foule enchaînée et suspendue à ses lèvres ; il vous enchante par ses entretiens épistolaires avec Atti- cus, et vous vous enthousiasmez aux leçons de sa philoso- phie. Horace, ce Protée aux mille formes, tour-à -lour scepti- que, religieux, fils sensuel et voluptueux d'Epicure, puis grave et sévère comme un disciple du Portique, Horace se joue et dans l'ode où il déploie tour à tour le génie de Pindare et celui d'Anacréon, et dans l'épître philoso- phique, et dans la fine et spirituelle satyre, et trace enfin dans une poétique fameuse, les règles du bon goût. Virgile s'efforce d'égaler Homère et jette sur la simplicité naïve, robuste, majestueuse du père de l'Epopée, la robe on- doyante, riche, élégante de la civilisation romaine; il chante les bergers sur les pipeaux de Théocrite, et donne comme Hésiode, mais dans un poésie bien plus sublime, d'utiles préceptes à l'homme des champs. Tibulle, Catulle et Properce soupirent des vers qui murmurent comme le