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 souffle du zéphyre. Ovide épanche, avec une intarissable
 fécondité, et ses folles amours, et ses immortelles méta-
 morphoses, et ses longues élégies toutes trempées de ses
 larmes. Juvénal flagelle de son hyperbole sanglante, les
 abominables mœurs de son temps... Et Perse, si laconique
 et si obscur, mais si moral à côté des autres Satyriques
 latins, d'une ame si candide et si belle ; et le pittores-
que et dramatique Tite-Live; et le nerveux, précis, sen-
tencieux Salluste 5 et le grand Tacite, dont l'expression
 brève et concise recèle une pensée d'une étendue et d'une
 profondeur incommensurables ; et le bel esprit Quinte-
 Curce, et l'énergique Florus, et Suétone, et tant d'autres
écrivains de tout genre, que de personnages à distinguer
 encore dans la galerie des gloires littéraires de Rome !
 Ajoutez cette galerie à celle de la Grèce : quel vaste mu-
 sée plein des plus beaux chefs-d'œuvre !
    C'est avec raison que quelques-uns de ces chefs-d'œuvre
sont restés le principal objet des études classiques.—Est-il
langues plus intéressantes pour nous que celles des Grecs et
des Romains, langues parlées par deux peuples qui ont eu
tant d'influence sur les destinées du monde, surtout sur
celles de notre Europe ; langues prodigieusement riches,
qui ont jeté tant de semences, poussé tant de racines et
dans le français et dans tous les autres idiomes dérivés
du Roman! Or, pour nous initier à ces langues, existe-t-
il de plus grands maîtres qu'Homère, Sophocle, Démos-
ihènes, Xénophon ; que Virgile, Horace, Cicéron, Tacite ?
Ces princes de la littérature ancienne régnent donc à bon
droit dans nos classes : seulement qu'ils n'y régnent pas
seuls. Il est d'autres génies, écrivains inférieurs à ceux-là
par l'élégance et le poli de l'expression, mais infiniment
supérieurs par l'étendue et la profondeur des sentiments