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   C'est un grand malheur pour un jeune homme qui aurait
en lui-même quelque -vocation littéraire q u e d e passer les
premières années de sa vie au sein des agitations sociales, car
les études en ressentent le fatal contre-coup, et il n'y a qu'une
forte volonté qui puisse réparer ensuite un mal si grand,
M. Jacques ne manqua pas de ce généreux courage, et acquit
du savoir, à force de pâlir sur les in-f°, dans les moments de
loisir que lui laissaient les fonctions du ministère ecclési-
astique.
   Sous l'Empire, M. l'abbé Jacques fut curé à Curtafond, en
Bresse; puis, sous la Restauration, il le fut à Dencé, près de
Villefranche.
   Toutefois, il ne songea à écrire que vers 1825, et nous
avons dit comment lui en vînt la pensée. Depuis lors M. Jac-
ques, contrarié par les événements, n'a pas toujours pu se
livrer à ses goûts studieux. Ce que nous venons de dire nous
explique, aussi bien que des éludes faites en des temps
difficiles, ce qu'il y a de heurté et de décousu dans la dic-
tion de M. l'abbé Jacques. Aujourd'hui il s'occupe à résu-
mer en grand les idées partielles qui l'ont toujours dominé.,
et écrit un livre sur la Dignité du Caractère considérée dans
l'homme religieux. Il est aisé de s'en former une idée à l'a-
vance, d'après l'ouvrage de l'Eglise considérée dans ses rap-
ports avec la liberté et la civilisation.
   M. l'abbé Jacques est du très petit nombre des prêtres qui
ont visé, dans le diocèse de Lyon, à soutenir l'honneur des
lettres, et des lettres chrétiennes. Le clergé de Lyon, clergé
compact d'ailleurs et imposant dans son zèle et dans ses
vertus, manque pourtant d'hommes studieux et véritable-
ment instruits. Nous voyons d'autres diocèses, plus pauvres
et moins étendus, faire de plus grandes choses. A quoi donc
cela tient il? Selon nous, la faute en est surtout à l'incurie
des chefs, et dérive du peu d'encouragement donné par eux
aux travaux de l'intelligence. Aussi, voyez ! les fortes études
se meurent autour de nous, et on les laisse pieusement dépé-