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rir, comme si la religion ne devait pas se faire un appui de la
science ; comme si, à toutes les époques, elle n'avait pas
trouvé là une source pure et abondante de gloire et de splen-
deur. Le clergé, qui a, chez nous, tant de moyens pour ob-
tenir de grands résultais, laisse tout envahir à la stérile d o -
mination de l'Université, e t , tandis qu'il pourrait si aisé-
ment opposera sa rivale de très habiles professeurs, il livre
chaque jour l'instruction de la jeunesse à de novices théo-
logiens, qui vont, en attendant la prêtrise, enseigner tout ce
qu'ils ignorent. Nous avons passé nous-même par les mains
de semblables docteurs, et nous n'avons point encore oublié
notre professeur de Troisième, qui nous demandait des vers
sapphiques,sans en connaître la mesure; ni surtout notre pro-
fesseur de Rhétorique, lequel se fâcha tout rouge contre nous
et nous offrit superbement sa chaire, pareeque nous avions
eu l'audace extrême de lui soutenir que les expressions vir et
hoino ne sauraient être employées indistinctement l'une pour
l'autre.
   Qu'arrive-t-il de là ? c'est que les esprits les plus heureu-
sement organisés s'atrophient sous une atmosphère lourde et
pesante ; c'est qu'ensuite, parmi la jeunesse où vient se r e -
cruter le clergé, il n'y a que de pitoyables études ; c'est que
des hommes du monde, des écrivains distraits ou passionnés
se trouvent seuls en possession de la science, et la font à leur
profil. Ainsi M. Guizot, M. Michelet, et tutti quanti devien-
nent nos maîtres en religion, comme ils le sont en histoire,
et c'est p a r l e u r plume qu'il faut jurer. Tout ce qui se fait plus
bas nous arrive des tristes officines de l'Université, ou de quel-
ques écrivains sans gravité ni conscience. Oh! qui donc nous
rendra les Camille de Neufville, et cette noble protection
donnée aux lettres, et cette évangélique dignité dans le gou-
vernement de l'église de Lyon, comme dans les rapports avec
 les magistrats!