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                  CHRONIQUE. — JANVIER, 1839.

     Décidément n o t r e ville est en voie de progrès. M. François nous a fait
prendre goût à l'histoire. Son cours, chose louable ! a conservé le nombreux
auditoire des premiers jours. Mille personnes se pressent, deux fois par se-
maine, dans la vaste salle, déjà trop étroite, de notre hôtel de ville. Rien ne
manque au succès du professeur, pas même la critique puritaine de l'hono-
rable M. Jacquemond.
     M. Reynaud a commencé des études sur notre théâtre. Il y fait preuve d'un
savoir solide et d'une justesse de raisonnement assez rare par le temps où nous
sommes. Avec un organe plus brillant, M. Reynaud compterait à ses leçons
tous les auditeurs de M. François, car il y a vraiment de bonnes et intéres-
santes choses au fond de tout ce que dit notre doyen. Vienne donc M. Edgar
Quinet, et la littérature étrangère sera parmi nous à la mode.
     C'est M. Bouillier qui doit enfin occuper notre chaire de philosophie .M.Noirot
a rendu ici ce poste difficile. SJ. Ozauam, docteur en droit, fils du médecin
de ce nom, et nommé récemment professeur de philosophie en remplacement;
de M. Bouillier au collège d'Orléans, vient d'opter pour la chaire de droit
commercial que notre conseil municipal lui a confiée. Il n'attend plus, pour
entrer en fondions, que la sanction du ministre. Nous nous félicitons que
notre cité se soit attachée un jeune homme aussi digne de l'honorer par son
savoir que j\I. Ozanam.
     M. Césaire Nivière, membre correspondant de la Société d'agriculture a
ouvert le 27 janvier, au Palais des arts, un cours gratuit d'agronomie, dans
lequel il traitera spécialement des assolements, de engrais et de la corn,"
 ptabilité agricole. Ce cours continuera les dimanches à 11 heures, et les
 samedis à 6 heures du soir. Le zèle désintéressé du professeur et ses con-
 naissances en agriculture ont droit à de justes éloges. C'est bien mériter de
ses compatriotes que de se consacrer ainsi à populariser la plus utile des
 sciences.
      M. Girardon a ouvert, le I " janvier, au palais Saint-Pierre, son cours de
 géométrie pratique et de perspective. Il se continue tous les jeudis à 9 heu-
 r e s du malin, et le cours de géométrie pratique appliquée aux arls et métiers
 tous les dimanches à la même h e u r e .
      Nos conseillers municipaux ont pris, ces jours derniers, des délibérations
 qui concourront à donner encore un nouvel éclat et une plus grande impor-
 tance à notre ville. D'une part, la statue en bronze de Jacquard doit être
 érigée sur la place Sathonay. Une somme de 10,000 f. a été votée par le
 Conseil et ajoutée à la mesquine souscription de 1 4 , 0 0 0 f., fournie en partie
  et non sans beaucoup de peine par la reconnaissance de nos fabricants.
  D'une autre p a r t , une école de médecine va bientôt s'élever à la suite des
  bâtiments de l'hôpital, sur la rue de la Barre. L'emplacement est-il bien
  choisi? Est-il assez grand ? Le bruit qui se fait à la descente du pont de la
  Guillotière n'arrivera-t-il pas jusque dans les amphithéâtres? C o s t a consi-
  d é r e r ! Le projet de MM. Prunelle et Sénac recevra donc enfin sa réalisation.
      Soixante-huit élèves de l'école secondaire de médecine se sont adressés à
  M. le maire pour obtenir que la bibliothèque publique reste ouverte le soir.
  Nous espérons que le conseil municipal suivra l'exemple déjà donné par
  plusieurs villes bien inférieures à la nôtre. Notre jeunesse trouverait là un
  utile emploi à ses moments de loisirs. Ce serait pour elle un port contre de
  fâcheuses habilndes de café que l'oisiveté seule fait souvent contracter. Jus-
  qu'à ce que le conseil municipal ait statué sur leur demande, les pétition-
  naires prient le maire de mettre la petite salle de la bibliothèque à leur dis-