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position de six à dix heures du soir. Hne pareille démarche est trop honorable
pour n'être pas couronnée d'un prompt succès.
Une comédie nouvelle en cinq actes et en vers, due à une notabilité de
notre ville et reçue à l'unanimité par le comité de lecture de nos théâtres,
appellera bientôt un public d'élite à sanctionner le succès que des amis ont
prédit à l'auteur, et joindra, nous l'espérons, ses enconragements à ceux que
M. Provence donne en celle circonstance à la littérature du terroir. On parle
déjà d'un prologue en vers qui, dit-on, est fort adroit et fort spirituel. L'au-
teur de l'Amitié des Grands plaide sa cause et veut gagner ses juges à l'avance.
Il est homme à sortir victorieux de cette double épreuve ; et notre Académie
trouvera en lui un digne compétiteur à l'un des fauteuils vacants dans son sein.
Celte société vient de perdre en M. le docteur Cartier un de ses doyens. La
mort a largement moissonné ces derniers jours; elle nous a enlevé MM. Pavy,
notre ancien député sous la Restauration; Hobitz, conseiller municipal; Da-
mour, auquel le faubourg de Yaise doit son marché aux bestiaux, et M lle de
la Balmondière, qui dépensait en bonnes œuvres une puissante fortune.
Bourg a déploré la mort de M. Gabriel de Moyria, si connu en notre ville,
et Marcîgny (Saône-el-Loire), celle de M. Berehoux , l'auteur du poèma de
la Gastronomie.
C'est le 18 janvier qu'est arrivée au milieu de nous la dépouille mortelle
de la princesse Marie, si précocement enlevée loin de sa famille et de sa pa-
trie, Ã tous les bonheurs de ce monde, Ã toutes les jouissances des arts qu'elle
comprenait et cultivait si bien. Notre administration municipale s'est mon-
Irée mesquine et peu intelligente dans les funèbres honneurs qu'elle avait Ã
rendre en celte douloureuse circonstance. Le Consulat en agissait autrefois
bien autrement. Lyon , si renommé pour ses entrées solennelles, devait au
moins à cette illustre défunte un digne cortège, un cortège composé d'artistes
et de tout ce que notre cité renferme de notabilités dans les sciences et les
lettres, la magistrature et l'armée ; elle lui devait un char funèbre et des c h e -
vaux lavés et étrillés ; elle lui devait quelques aunes de velours noir et des
franges d'argent. La population, par son empressement et son attitude silen-
cience el triste, s'est chargée de r e n d r e les derniers honneurs à la bonne
princesse et à l'artiste habiie.
La société des Amis des Arts, qui doit clore son exposition le 6 février, e t ,
le 9 du même mois, distribuer, par la voie du sort, les lots acquis, a ajouté
à sa nombreuse tombola une statue en bronze représentant la Jeanne d'Arc
de la princesse Marie. C'est un dernier hommage rendu à la mémoire de
celte j e u n e femme, si aimée naguère, si regrettée à cette h e u r e .
La ville a acquis, pour le Musée, le beau paysage d'Hostein. C'est un acte
de justice et un véritable présent fait à tous nos artistes.
Tels sont les événements les plus saillants du mois qui vient de s'écouler.
Les hommes politiques citeraient encore, à l'appui du progrés que nous avons
signalé, les 11,131 signatures envoyés à la Chambre au bas de la pétition pour
la réforme ; les artistes, le résultat brillant de notre exposition ; ceux-ci, les
travaux entrepris chez nous dans un intérêt d'utilité publique , comme le
pont de l'hôpital, dont on vient de faire l'heureux essai, nos digues élevées,
nos quais dont la ceinture se continue, nos trottoirs en perspective, nos mar-
chés couverts, nos abattoirs en construction e t le nivellement prochain du
quai Saint-Antoine; ceux-là enfin, les cours si bien professés de nos F a -
cultés des sciences et des lettres. Chacun de nous voit en effet avec le seul
verre de sa lunette, et juge du point de vue de ses opinions ou de ses goûts.
Nous nous bornerons à enregistrer les faits de chaque mois dans une rapide
chronique, et nous laisserons au lecteur le soin de les déduire à son gvé.
L. B.