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                    DES PROTESTANTS A LYON                            6j

justifier derrière des actes de l'autorité royale, et le Roi, s'il
a agi, a agi sans droit. Le Consulat s'était borné de son
côté à ne pas s'opposer à la libéralité à laquelle le maréchal
s'est attaché après coup à ne donner qu'un effet temporaire.
   Investis du lieu par un acte de force, les Huguenots
devaient en être dessaisis par un autre acte de force. Nous
le verrons bientôt.
   Malgré toutes les protestations, malgré le recours à la
justice et au Roi, un temple fut élevé en 1564 dans ce lieu
si disputé, et la construction en fut rapide.
   Il ne nous paraît pas douteux que ce soit le temple dont
le peintre Jean Perrissin a fait deux dessins (15).
   Si nous nous en rapportons à ces dessins, ce temple
aurait été fait tout de bois, et le travail de charpente a été
exécuté avec hardiesse. L'édifice était circulaire. Trois
portes à plein cintre y donnaient accès. Une tribune haute
en faisait le tour, à l'intérieur, et l'on y arrivait par un
escalier extérieur à double rampe aboutissant à une porte
également à plein cintre. Le temple était éclairé par quatre
fenêtres ovales. Un dessin de Perrissin à la mine de plomb
représente la vue du bâtiment à l'extérieur (hauteur du
dessin, 16 centimètres 1/2; largeur, 25 centimètres 1/2.)
   L intérieur n'était pas sans originalité. Au centre s'éle-
vait la chaire tout à fait découverte ; des bancs de bois
étaient disposés autour de l'édifice. La tribune haute était
adossée aux murailles.
   Au-dessus de la chaire était un grand écusson à la devise
de Charles IX, et de chaque côté étaient des socles avec



   (15) Ces dessins, qui portent au verso la signature / . Perrissin, se
trouvent aux Archives de Lyon.