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4yo
BIBLIOGRAPHIE
Ainsi m'a parlé, sous la voûte
Des bois discrets, un doux Pinson
Dont j'avais longtemps, sur ma route,
Troublé la joyeuse chanson.
N'importe ! il me va, cet oiseau-là . Il jase à merveille, a du bon
sens quoiqu'il ait un peu la réputation des linottes ; mais ce qu'il
m'apprend me ravit de plaisir.
Non, son interprète n'a pas vieilli ; non, l'auteur des Rimes prinlanières
n'a ni baissé, ni changé. Il a toujours la même muse sautillante et
badine, la même fraîcheur d'images, et ce qui nous plaît, il a toujours
mêmes négligences d'écolier, mêmes étourderies d'apprenti chanteur.
Notre cher Camille Roy, voyez-vous, n'a pas encore pris la toge virile.
Sa voix n'est pas encore grave et mesurée ; sa démarche n'est pas
compassée ; son style n'est pas encore académicien. Toujours souple et
léger, son pied aime encore à danser sur le bord des ruisseaux, dans
les prairies ou à l'ombre des grands bois, et son cri est toujours : Vive
la jeunesse, la nature et l'amour.
Mais ne faut-il pas rendre un jugement ?
Notre tâche sera facile.
— Approchez, jeune Ephèbe.
Le jury s'étant consulté, après avoir lu et relu les Rimes prinlanières
et les Pages d'amour, les couronne ex aquo.
A chacune d'elle, un rameau d'or.
C'est une grande louange que nous donnons aux Pages d'amour,
rivales de leur aînée.
Mais vienne une troisième petite sœur, c'est alors que nous serons
sévère !
A i m é ViNGTRINIER.
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