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428 LA PESTE A SAINT-GENEST-MALIFAUX
Clément Pauze, du Fraisse, lorsque la peste se mit en sa
maison, en la personne de sa femme, méprisa tellement la
peste qu'il ne daigna se retirer, ains servit sa dite femme,
son fils, qui guérirent, sa belle-fille, son valet et sa ser-
vante qui moururent, et Dieu le préserva et n'eut point de
mal. C'étoit au mois d'aoust 1630.
Me Claude Foriat, sergent royal de ce lieu, enterra sa
belle-mère et mourut après, savoir le 13 février 1630.
Me Claude Courbon de ce lieu, marié chez Picon sous
Saint-Priest, s'exposa à servir sa fille, à la cime de Faro,
aux Celles de Tamet, mais le lendemain quelques sages
mondains lui firent croire mal à propos que cette action
étoit un péché mortel et il quitta; néanmoins il ne prit
point de mal.
Si les hommes ont été vertueux en ce sujet, les femmes
ne l'ont pas moins été, voire les ont surpassé en ces deux
choses, savoir en nombre, et à se laisser persuader une
droite intention, laquelle fait que ce périlleux hazard est
un martyre.
Michelle Duverney et sa fille, femme à un Tardi du lieu
de Fontfreide, s'exposèrent toutes deux pour enterrer ledit
Tardi, mort de la peste, le sixième de janvier 1629 et Dieu
les préserva du mal.
Anna Bertolle, do Tours, servit ses enfans et puis mou-
rut en juillet 1629.
Claudine Sève, femme à Me Jean Mousnier dit Fer-
rand servit ledit Ferrand, puis mourut le 30 juillet;
ils étoient de Saint-Genest; elle avoit aussi enterré un
sien fils.
Cécile Bertholle, sœur à la susdite Anna, servit son
mari, et puis mourut le 6e aoust 1629.
Antoinette Bertholle do Tours, sœur aux susdites, servit