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426                  LA GUERRE DE MORÉE

tre corvettes et trois bricks armés, il montra que le vieux
renard égyptien n'était pas de ceux qu'on enfume dans sa
tanière.
   Le coup était manqué, l'escadre grecque prit le Jarg-e et
disparut, laissant si non des traces de sa vengeance, du
moins le souvenir de la plus vigoureuse intrépidité.
   Ibrahim possédait Modon, Coron, Navarin, Tripolitsaet
Patras; les Grecs fuyaient à l'approche des troupes égyp-
tiennes et n'attendaient plus le combat. Colocotroni et
Piétro-Bey se contentaient, avec toutes les forets dont ils
pouvaient disposer, de couvrir Nauplie et, au midi sur
le même golfe, Malvoisie aux vins célèbres, aujourd'hui
Monemvasia, sur l'ancien promontoire de Minoa dont des
travaux de fortification ont fait une île. Un pont de 450
mètres, défendu par une vieille tour vénitienne, relie la
ville à la terre. Voilà tout ce qui restait aux Grecs de villes
fortes dans cette partie du Péloponèse; Argos n'existaitplus,
Corinthe était presque abandonnée, mais les bandes arma-
toles battaient la campagne et faisaient la guerre de parti-
sans, prêtes à rentrer dans leurs montagnes dès que
l'ennemi paraissait ; les détachements égyptiens ne pou-
vaient marcher qu'en nombre dans l'intérieur de la
Péninsule. Ibrahim, voulant rester maître du pays, deman-
da des renforts. Son père lui envoya aussitôt les 7e et 8e
régiments du Nizam.des bataillons albanais tirés de Can-
die, une artillerie nombreuse. Huit mille hommes de bon-
nes troupes étaient venus renforcer les Egyptiens. Ibrahim
croyait pouvoir désormais soumettre et pacifier la Morée.
Des ordres qu'il reçut en ce moment vinrent déranger et
modifier^ses projets.
  Eeschid Pacha, commandant en chef les forces ottoma-
nes, assiégeait vainement, depuis plusieurs semaines, Mis-
solonghi, à l'entrée du golfe de Lépante, et malgré ses