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THIERRIAT 3*5 i
Nonotte, comme Grognard, travaillait à Rome en 1792.
Incarcéré par l'Inquisition pour emblèmes prétendus in-
jurieux pour la religion, et, à Lyon, en 1793, par la Ré-
publique , pour emblèmes prétendus injurieux pour la
liberté, ici royaliste et là -bas révolutionnaire, était devenu
très-ombrageux. Toute figure nouvelle lui était suspecte.
Or, depuis quelque temps, un étameur ambulant, rival
de l'aurore, mais mal inspiré, eut l'idée de venir chaque
matin, secouer sa sonnette, sous prétexte de lui offrir
ses services et sa marchandise. Cette persistance inquiéta
l'artiste. C'était un espion sans doute, sa mauvaise inten-
tion était évidente, on ne pouvait lui ouvrir ; mais com-
ment s'en débarrasser? Chinard, irrité, emprunte une
machine électrique, l'adapte au fil de fer de la sonnette,
charge Thierriat de guetter l'ennemi à travers un judas ,
accumule, au moment décisif, à l'extrémité du fil, une
charge électrique capable de terrasser un bœuf, et, à l'ins-
tant où le naïf magnin saisit sans défiance la poignée
de la sonnette, une commotion diabolique le lance dans
l'escalier lui et toute sa ferblanterie. C'est ainsi que l'ar-
tiste éloigna de sa porte et pour toujours celui dans qui
son caractère soupçonneux ne voyait qu'un mouchard et
qui au fond n'était qu'un innocent.
En 1807, Napoléon donné à la ville de Lyon le couvent
des Dames de Saint-Pierre. Ce bâtiment national, que la
Terreur n'avait pu aliéner, même sur une mise à prix
dérisoire de 60,000 francs, est destiné par lui à la fonda-
tion d'une grande école capable de fournir à la Fabrique
lyonnaise d'habiles dessinateurs pour la soierie. Un décret
nomme Grognard, Revoil, Chinard et Baraban profes-
seurs de cette école. L'Empereur ne se contente pas de
donner à notre ville le magnifique palais Saint-Pierre, il
veut que la moitié du traitement des professeur soit payée