page suivante »
ARCHÉOLOGIK ET ARCHITECTURE 257 auraient pu produire, et si faute d'inspiration géniale pour une œuvre de notre époque, il valait mieux en revenir au Moyen Age. Le président du jury, directeur général de l'administration des cultes, reconnut bien, dans son discours, que c'était là surtout un concours archéologique. Certes, il faut reconnaître que l'application de ce style, dans un édifice religieux moderne, nous paraît d'abord fort explicable. Là , indépendamment de l'entraînement dû à de magni- fiques exemples, la tradition peut être invoquée ; les usages, le cérémonial, les chants, la liturgie, ne se sont guère modifiés, malgré ce long intervalle d'années et une copie est infiniment moins un contre sens qu'elle ne le serait dans tout édifice civil. Toutefois, n'oublions pas que, le plus souvent, nous nous substituons avec nos impressions aux œuvres que nous jugeons et qu'en bien des matières chaque époque représente une série d'idées et de jugements très différents les uns des autres. Le Moyen Age n'a pas créé les conditions dans lesquelles il s'est formé; il les a reçues (Littré). La vie était alors comme enveloppée par la religion. Vouloir qu'à notre époque l'art redevienne spécialement religieux, serait une entreprise vaine et irréalisable. IV L'architecture ogivale est, certes, une des gloires de notre art français. Elle est magnifique de pensée et d'ex- 1 N« 4. — Octobre 1899. 7