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                   JOANNON DE SAJNT-LAUIÅ’NT                             17 I

pour les montrer comme un objet de surprise et de curio-
sité à ses invités dans une partie de chasse.
   Pour se conformer au désir de la princesse, sur deux des
pièces principales, l'habile ciseleur plaça une plaque tour-
nante sur un vide qu'il avait ménagé dans un ornement qui
en terminait les manches. Cette pièce, selon qu'on la fai-
sait jouer, ouvrait ou fermait ce creux, sorte de petit étui
d'or, où l'on pouvait cacher aussi quelques menus bijoux.
Puis il se mit à faire deux petites cuillères, deux petites
 fourchettes, deux petits couteaux, tous en' or, comme ceux
qu'il avait exécutés en grand, tous parfaitement bien travail-
lés. Aux deux grandes pièces préparées, il joignit donc une
de ces cuillères, une de ces fourchettes, un de ces couteaux;
c'est la plus grande partie d'un couvert de table qui pèse
moins d'un grain !
   Siriès construisit beaucoup d'autres bijoux du même
genre, tels que cuillères, fourchettes, couteaux et ciseaux.
Ces pièces ont une à deux lignes de longueur. Elles sont
couvertes d'ornements et pèsent la vingtième partie d'un
grain. Comme le dit très bien l'auteur, ce sont de vérita-
bles infiniment petits de l'art et il faut une loupe pour en
reconnaître tous les détails ( i ) .
   Pour l'exécution de travaux si minuscules, Siriès trouva
le secret de donner à l'or assez de raideur et de dureté, pour
que, façonné en instruments à couper et à tailler, il devînt
propre aux usages auxquels on emploie l'acier. C'est ainsi


   (1) Millin dit que son mérite consistait à renfermer le plus grand
nombre de figures dans le plus petit espace. Giulianelli en fait un grand
éloge ; ses gravures n'étaient, selon Natter, que des égratignures.
Introduction à l'Etude de l'Archéologie des pierres gravées et des médailles.
Nouvelle édition, Paris, 1826, p. 215-16.