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JOANNON DE SAJNT-LAUIŒNT 17 I pour les montrer comme un objet de surprise et de curio- sité à ses invités dans une partie de chasse. Pour se conformer au désir de la princesse, sur deux des pièces principales, l'habile ciseleur plaça une plaque tour- nante sur un vide qu'il avait ménagé dans un ornement qui en terminait les manches. Cette pièce, selon qu'on la fai- sait jouer, ouvrait ou fermait ce creux, sorte de petit étui d'or, où l'on pouvait cacher aussi quelques menus bijoux. Puis il se mit à faire deux petites cuillères, deux petites fourchettes, deux petits couteaux, tous en' or, comme ceux qu'il avait exécutés en grand, tous parfaitement bien travail- lés. Aux deux grandes pièces préparées, il joignit donc une de ces cuillères, une de ces fourchettes, un de ces couteaux; c'est la plus grande partie d'un couvert de table qui pèse moins d'un grain ! Siriès construisit beaucoup d'autres bijoux du même genre, tels que cuillères, fourchettes, couteaux et ciseaux. Ces pièces ont une à deux lignes de longueur. Elles sont couvertes d'ornements et pèsent la vingtième partie d'un grain. Comme le dit très bien l'auteur, ce sont de vérita- bles infiniment petits de l'art et il faut une loupe pour en reconnaître tous les détails ( i ) . Pour l'exécution de travaux si minuscules, Siriès trouva le secret de donner à l'or assez de raideur et de dureté, pour que, façonné en instruments à couper et à tailler, il devînt propre aux usages auxquels on emploie l'acier. C'est ainsi (1) Millin dit que son mérite consistait à renfermer le plus grand nombre de figures dans le plus petit espace. Giulianelli en fait un grand éloge ; ses gravures n'étaient, selon Natter, que des égratignures. Introduction à l'Etude de l'Archéologie des pierres gravées et des médailles. Nouvelle édition, Paris, 1826, p. 215-16.