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172 JOANNON DE SAINT-LAURENT qu'il a pu construire une montre avec boîte et rouages complètement en or. On doit signaler encore ses tableaux d'acier. Dans des plaques de métal doré de 9 à 10 pouces de surface, il enchâssait des médailles de diverses grandeurs et des car- touches de différentes formes, les uns et les autres en acier'. Ce sont de petits bas-reliefs faits à la main, et représentant les sujets les plus variés, tant attributs et figures, que per- sonnages et animaux. Certains artifices- de préparation donnaient à quelques parties de ces petits tableaux des colo- rations spéciales qui en rendaient l'ensemble plus charmant encore. Vers 1746, environ, Siriès entreprit d'exécuter en petit des sujets, soit gravés, soit en relief, sur une très belle pierre bleue, le lapis-lazuli. C'était une tentative auda- cieuse, car la matière de cette pierre, facile à « s'égriser », n'avait jusqu'à cette époque permis aux anciens pas plus qu'aux modernes de la travailler avec succès, autrement que pour des objets de gros volume, tels que plaques, coupes, poignées de sabre, cuvettes (1). L'artiste français (1) Le trésor de la couronne de France possède plusieurs magnifiques objets en lapis-lazuli, entre autres, une coupe de lapis pyriteux, en forme de nacelle, d'une très grande dimension, estimée 200.000 francs, un sabre à manche de lapis, donné à Louis XVI par Tipoo-Saïb, estimé 6.000 francs. Parmi les bijoux admirables que vient de découvrir en Egypte M. de Morgan, dans des tombes remontant au xvn e siècle avant notre ère, on remarque des perles de lapis-lazuli et de petits fragments de la même pierre servant à des incrustations sur des bijoux d'or, le mélange fréquent de la cornaline, de l'émeraude et du lapis-lazuli sur les pecto- raux d'or massif était utilisé avec infiniment de goût. A. Amélineau, Les fouilles récentes en Egypte, Revue des Deux-Mondes., 15 juillet 1895, p. 459-441-