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UN 244 ÉPISODE LYONNAIS C'est pourquoi, dit le chroniqueur, bien que le lendemain fût un dimanche, fête de la Trinité, octave de la Pentecôte, et aussi fête de l'apôtre Barnabe, l'ordre fut que, dès le matin, on s'ébranlerait pour marcher, rangés en bataille, à la rencontre des Orangisfes. On partit, en effet, le lendemain de bonne heure ; pas si matin cependant qu'on n'ait eu le temps d'entendre la messe et de se recommander à la Trinité sainte, à Notre- Dame, à l'apôtre Barnabe. Car on était une armée chré- tienne et non une tourbe de mécréants ( n ) . Villandrando conduisait l'avant-garde. Grôlée eût été en droit, comme maréchal du Dauphiné, d'en prendre le commandement. Mais, sur les instances de l'Espagnol, il avait consenti, non sans quelque peine, à lui céder ce poste périlleux. Prenant donc les devants, Villandrando alla s'embusquer sur la lisière d'un bois qui aujourd'hui encore couvre quelques faibles éminences entre le bourg d'Anthon et la plaine du Colombier. De son côté, Louis de Châlon s'était mis en mouvement et s'avançait à travers bois, pensant surprendre les Français devant le fort du Colombier dont il ignorait encore la reddition. Son armée ne comptait pas moins de huit cents nobles chevaliers et de dix-sept cents combattants d'élite — sans parler des compagnies d'archers et d'une très nom- breuse infanterie. Tout ce monde, cheminant sans défiance, allait débou- cher dans la plaine lorsque des traits, volant de droite et de gauche, i'avertirent que les fourrés entre lesquels on mar- chait n'était plus ceux d'une forêt déserte. Le trouble ( H ) lbid, p. 326 et 328. La croix était portée devant les troupes; pnewisso venerà l'ili sigiw cnicis.