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UN 1ÎP1S0DE LYONNAIS 237 Jeanne continuait à batailler vaillamment, mais le jour approchait où, victime peut-être de la trahison, elle tom- berait, devant Compiègne, aux mains des soldats ennemis. C'est ce moment, où la situation du royaume était rede- venue critique, que Louis de Châlon choisit pour se mettre enfin en campagne. Il agissait du consentement, à l'insti- gation même du duc de Bourgogne qui, alors plus acharné que jamais contre la France, lui avait écrit : « qu'il fasse la guerre en Dauphiné, la plus forte qu'il pourra ( i ) . » A l'appel du prince, les capitaines les plus renommés des pays environnants n'hésitèrent pas à venir se ranger sous sa bannière. De Bourgogne il vit accourir, avec de nombreux hommes d'armes les Thoulongeon, les Bussy, les Montaigu, et autres nobles représentants des plus grandes familles du duché. En même temps François de Neufchâtel, comte de Fribourg, lui amenait ses Suisses dont l'apparition sur les champs de bataille était aussi nouvelle alors que leur manière de combattre. Les chevaliers voyaient avec terreur ces robustes enfants des montagnes, armés de lourdes épées qu'ils manœuvraient à deux mains, trancher d'un seul coup (1) Lettre du prince d'Orange au sire de Férière, capitaine de la place d'Anthon, en date du 13 avril 1430. Ibid. 313. « Nous avons eu lettres de Mgr de Bourgogne, lesquelles contiennent en effaict qu'il veult que nous fassions guerre en Dauphiné la plus forte que nous pourrons, et, pour icelle faire, nous envoyera gens bien brief ; mais cependant il est nécessaire de gaignier des places au pays par divers moyens, sans faire semblant que nous y tenions point la main... S'il se pouvait trouver manière de prendre de bons prisonniers tant au pays du Lyonnais comme en Dauphiné, nous en serions bien content... En tant qu'il touche de Vagny, tenez-le toujours prisonnier, sans le faire mourir, jusques à tant que l'on verra comment les besoignes se pour- teronr, etc. » N° 1. — Aviil 1891. iy