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154                         ÉPISODE LYONNAIS

savant et pieux chancelier. Il ne s'éteindra que le 12 juillet
1429 ; mais dès les premiers jours de mai, avant même de
connaître la délivrance d'Orléans, il a tenu à rédiger et à
signer l'importante consultation qui exprime, à coup sûr,
en même temps que sa propre opinion, celle de tous les
Lyonnais d'alors sur Jeanne d'Arc (26).
   Pleins de foi en la Pucelle, nos pères éprouvèrent peut-
être moins d'étonnement que de satisfaction patriotique au
récit des « vertueux faits et choses merveilleuses » accom-
plis par elle contre les Anglais. Certes lorsqu'on eut à Lyon
les « très bonnes et joyeuses nouvelles» de la levée du siège
d'Orléans, de la victoire de Patay, du sacre de Reims, on ne
manqua ni de se réjouir ni non plus de « louer et regrâcier
Dieu », comme le voulait Charles VII (27), par « notables
processions, prières et oraisons », de ce qu'il avait « donné
courage à une femme d'entreprendre de telles choses. »
   Quelque chose cependant gâtait la joie des habitants de
Lyon, c'est que leur propre situation ne s'était pas amé-
liorée et que l'ère des alarmes n'était nullement fermée
pour eux.
   Il est vrai [qu'à la vue des miracles opérés par Jeanne
d'Arc, le prince d'Orange, saisi d'étonnement et de crainte,
avait jugé à propos d'attendre, avant de donner suite à ses
projets, de savoir (ce sont ses propres expressions),
« quel branle et conclusion prendraient les affaires du



   (26) Opus magistri Johannis de Jarsonno saper facta puclla et credulitate
ei prastandâ. Gerson. Œuvres. T. V. Cf. Quichérat. Procès de Jeanne
d'Arc.
   (27) Lettres du roi à ses bonnes villes, citées par du Fresue de Beau-
court. Hist. de Charles VII, tomeII,p. 213. Cf., p. 22.