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12              LES TEMPLES ET LES CIMETIERES

   Le comte de Crussol avait été chargé par le Roi de paci-
fier le Dauphiné, la Provence et le Languedoc ; il exerça à   *
ce titre son autorité à Lyon, où il avait été précédé par
François d'Àgoult, comte de Sault, nommé lieutenant
général pour le Roi dans le Lyonnais. De Sault ne paraît
pas avoir été un aussi bon catholique qu'on l'a prétendu.
De Rubys l'a ainsi jugé : le comte de Sault était « l'un des
plus sages et àccorts mondains et qui le mieux sçavoît
dissimuler qu'on eust sceu choisir en toute la Court : car
quoiqu'énson asme il adherast aux Protestants... il sceust
si bien... trincher du catholique qu'il n'y avoit nul que l'on
sceust juger estre autre (13). » Il a agi en effet si pru-
demment, qu'on l'a regardé comme l'allié secret des
Réformés.
   Crussol fit établir à la Guillotière, comme on l'a vu
plus haut, le lieu d'exercice. Les Huguenots résistèrent.
De Crussol tint bon et l'on conserve encore un ordre
itératif de lui « d'aller prescher à la Guillotière et non
ailleurs. »
   La fermeté du comte de Crussol s'explique par la fré-
quence des troubles en ce temps-là. On sait quelle gravité
eut l'émeute du 5 juin 1561 qui fut la conséquence de
l'attentat du huguenot Denis de Vallois (14). Une autre
émeute avait éclaté le 1" avril 1561. Celle-là nous a amené
à connaître une des fondations charitables qui serait proba-
blement ignorée sans cet événement. Nous citons le fait


lieu en 1561. Ce curieux manuscrit, orné de dessins à la plume, colo-
riés; se trouvé à la Grande Bibliothèque de Lyon.
   (14) Archives de Lyon. Actes consulaires, BB. 82, fol. 45, verso et
46 recto.