Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
6o               LES TEMPLES ET LES CIMETIÈRES

documents qui prouvent le fait de l'acquisition de cette
place par les Réformés. Au surplus il est dit, dans une
pièce datée de 1607, que ceux-ci « sont d'accord n'avoir
donné aulcuns deniers (3). »
   Ce point sera éclairci.
   L'emplacement a donc été donné ; on a vu de quelle
façon et avec quelles restrictions. Les Réformés devaient
se hâter d'édifier leur prêche ; cette précipitation leur avait
été imposée.
   On sait par des témoignages contemporains avec quelle
ardeur la construction fut entreprise. En voici la confirma-
tion. Françoise de Clermont, abbesse, et les religieuses de
Saint-Pierre écrivirent à Vieilleville que, « comme ce
jourd'huy une grande multitude de gens se soyent mys à
faire chanées et fondementz pour bastir comme ilz dient
ung temple au devant de leur couvent en leur directe, »
elles sont troublées en la possession et la jouissance de
leurs biens, que les travaux sont poursuivis au mépris de
la transaction faite avec le Consulat et des conditions impo-
sées. Elles n'osaient pas toutefois « dénoncer nouvelle
euvre esdicts bastisseurs..., pour ce qu'il y a afïïuance de
personnes en nombre de deux à troys cens creignent faire
quelque esmotion (4). »


   (3) Toutes les pièces dont nous avons fait mention dans le présent
essai sont aux Archives du département du Rhône ou aux Archives de
la ville de Lyon.
   (4) « On leur accorda (aux Réformés) partie des fossez et anciens
Terreaux de la ville. Et alors ils se mirent tous, grands et petits,
hommes et femmes, à porter la terre pour combler lesdicts fossez, et
faisoit bon voir les Damoyselles deux à deux, retroussées jusques a my
jambe, monstrant la grève (jambe ou jambière), et la chausse (bas)
bien tirée, pourtant le benot (petit panier) par les manilles, chantants