page suivante »
86 l'OÉSIE.
Un vent frais le caresse au retour de l'aurore,
Et tous les feux du soir brillent dans ses rameaux !
* Il brave l'orage et ses trombes ;
L'éclair en vain l'a sillonné :
D'un diadème de colombes
Son front sévère est couronné.
C'est un pilier de notre histoire ;
Une province s'en fait gloire,
Une bourgade a pris son nom :
Le Prince en veut faire un navire ;
Plus d'un Phidias, qui l'admire,
La membrure d'un Parthénon :
— Ah ! puisque son tronc séculaire
Doit enfin mesurer la terre,
0 toi qui l'as créé, frappe-le du tonnerre ;
Ne l'abandonne pas aux coups du bûcheron !
Ludovic de VAUZELLES.
A MON LISERON.
Viens, liseron aimé, ruisseler sur la mousse ;
Tes corolles luiront calmes et sans secousse.
—Non, nie dis-tu : je veux monter.
Voyez ce long sarment où la sève circule
Et dont le fruit joyeux au beau soleil se brûle,
C'est lui que je veux imiter.
—Vous êtes ambitieux, papillon des tonnelles !
Aussi, combien de fois vous coupe-t-on les ailes
Quand vous suivez votre désir ?
Descendez, descendez ; je vous dirai le nombre
Des cœurs qui n'ont jamais voulu se mettre à l'ombre,
$ue le soleil a fait flétrir