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nement été conquérante, si sa configuration physique lui eût
permis une nationalité compacte et puissante. Mais, si elle
n'impose pas au monde le joug de ses armes, elle lui imposera
son génie, ses arts et sa civilisation.
  M.Quinets'estappesanliavec complaisance, etau grand agré-
ment de ses auditeurs, sur les harmonies entre la géographie
physique et la civilisation d'un pays qu'il a parcouru dans tous
les sens, étudié sous tous les aspects. Nous ne pouvons repro-
duire ici la série de ses brillantes descriptions. Ceux qui dési-
reraient connaître à fond cette matière, peuvent consulter son
ouvrage sur la Grèce moderne.
   La mission de conquêtes, refusée à la Grèce, la nature l'avait
destinée à l'Italie. L'Italie s'avance parallèlement à la Grèce ,
mais moins coupée et plus u n i e , au sein de la Méditerranée;
la mer tyrrhénienneà droite, l'Adriatique à gauche; regardant
au loin l'Asie, l'Afrique, l'Espagne et la Gaule. L'Italie n'est-
elle pas visiblement conviée à la conquête? Du milieu de la
m e r , ne peut-elle pas étendre le bras de sa puissance sur les
i!es et sur les continents voisins, qu'elle tiendra enchaînés par
des flottes nombreuses, toujours prêtes à transporter ses com-
mandements et ses valeureuses légions ? Centre naturel de
domination, elle fera la loi au monde tant qu'elle sera forte et
puissante. Mais qu'elle vienne à faiblir, la circonférence assu-
jétie jusque là par le centre, se refermera sur lui pour l'écra •
ser et l'étouffer; et l'on verra le genre humain secouant ses
fers sur la tête de ses o p p r e s s e u r s , venger sa longue injure :
l'Allemagne vengera les gladiateurs ; les Français, la Gaule ;
la maison d'Aragon, l'Ibérie ; les Sarrasins, l'Asie et l'Afrique.
L'Italie , longtemps oppressive , gémira longtemps à son tour
 sous le poids de l'oppression. Mais ce n'est pas en vain que la
 nature lui assigna la place de la domination et du comman-
 dement. Piome est toujours la reine du m o n d e , non plus par
la force brutale, mais par la toute-puissance de l'autorité spi-
rituelle : elle n'a plus de redoutables armées pour conquérir
et asservir par le fer ; mais elle a des légions de serviteurs