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avec l u i , et qu'on le mit sur sa poitrine entre ses deux bras
croisés. Ce livre, après de grands combats et de tristes efforts,
le petit Angel l'arrache à la tombe, et le Père Alexis lui en lit
quelques pages, où la doctrine du Christ est jugée incomplète
par Spiridion, où Moïse console J é s u s , où enfin Jésus n'est
plus qu'un homme divin qui doit prendre place au Pan-
t h é o n , e t c . , etc.; et c'est à propos de ce livre que Georges
Sand d i t : Flic est verilas.
     « Apprends à respecter, dit Spiridion , tous ceux qui cher-
chant sincèrement leur route ont erré sur des sentiers per-
d u s , tourmentés par l'orage et fortement éprouvés par la
main sévère du tout-puissant. » Oui, sans doute, respectons
les souffrances; mais nous le demandons, doit-on laisser cou-
r i r ç à et là un malade atteint d'une affection contagieuse?
     Les idées sont comme les corps, elles se pénètrent ou elles
se brisent mutuellement. Faut-il laisser un mal puissant écra-
ser un bien qui commence à poindre ? Non ; or, le doute et la
négation, George Sand l'avoue elle-même, font souffrir des
tourments inouïs à l'ame qui les reçoit ; pourquoi se faire alors
un plaisir de les répandre, et venir comme un ange des ténè-
bres semer devant les générations aveuglées celte manne in-
fernale et empoisonnée.
     « Relève-loi, victime de l'ignorance et de l'imposture. »
"Voilà toute la morale du Spiridion de George Sand, et celte
sentence ne s'adresse pas seulement au novice A n g e l , re-
poussé du confessionnal par le père Egesippe, et qui se rompt
une veine à la gorge par la violence de sa chule ; ces paroles
ce n'est pas seulement à Angel, baigné dans son sang, perdu
au milieu des moines qui veulent le faire désespérer de la bonté
du maître, le dégoûter delà prière, le forcer à mentir ou à trahir
ses frères dans la confession, le rendre envieux, sournois, calom-
niateur, délateur, pervers, stupide, infâme, qui veulent lui en-
seigner que le premier des biens, c'est l'intempérance et l'oisiveté ;
qui veulent lui enseigner la haine hyppocrite, la vengeance pa-
tiente, la couardise et la férocité, en un m o t , faire de lui un