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auxquelles donna lieu la paix avec l'Espagne, que le roi fut
blessé à mort dans un tournoi par son ami Montgommery.
    Une chose à laquelle ni Mézerai ni M. L . . . n'ont fait atten-
 tion , c'est que l'usage des bas de soie est tout autre chose que
l'usage de la soie. Il serait possible d'admettre que jusqu'alors
on n'avait pas porté de bas de soie en France , si les tableaux
des artistes de la Renaissance ne nous permettaient d'avancer
le contraire ; mais quant aux vêtemens qu'on fabriquait avec
la soie, ils étaient si peu rares sous Henri I I , ils étaient si peu
réservés aux seuls souverains, que ce monarque , effrayé de
la profusion et de la ruineuse magnificence de sa c o u r , se vit
forcé de promulguer des ordonnances somptuaires , juste dix
ans avant l'apparition des bas de soie dont parle Mézerai. « Le
14 e jour d'aoust 1549., Edit du Roi sur la réformation des accou-
 trements de soye, dorures et broderies , et défences sus grands
peines de n'en porter à gens de basse condition et qui ne sont de
l'état et qualité d'en porter, et ce spécialement aux artisans, et
ce sus grosses peines et amendes. »
   Le sieur de Ronsard , qui ne manquait jamais l'occasion de
faire sa cour au r o i , saisit celle-ci avec empressement ; il l'a-
postropba ainsi dans une de ses odes .-

             Le velours trop commun on France ,
             Sous toyreprend son vieil honneur,
             Tellement que la remontrance
             Nous a fait voir la différence
             Du valet et de son seigneur ,
             Et du muguet chargé de soye
             Qui à tes princes s'esgaloit
             Et riche en draps de soye, alloit
             Faisant flamber toute lavoye.
             Les Tusques ingénieuses
             .Ta de trop velouter s'usoyent
             Pour nos femmes délicieuses
             Qui en robes trop précieuses
             Du rang des nobles abusoyent ;
             Mais or la laine méprisée