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d'une opaque épaisseur. Ces nuages les couvrent d'un voile
que l'air déchire peu à peu, et dont les lambeaux dispersés
offrent ensuite le spectacle toujours nouveau des ténèbres
aux prises avec la lumière, le fantastique cahos des clartés et
des ombres. C'est une ville en fêle ; non, c'est une ville qu'on
saccage. Ce sont des combats ; non, ce sont des danses. Le.
peuple court ; il crie, il prie. La ville brûle. Néron, cette fois,
pourrait de ces hauteurs rêver un embrasement, chanter son
poème sur l'incendie de Troie. Cette fumée, ces pétards, cette
rumeur prêteraient à ses illusions
   Dans cet amas de personnes et de choses en désordre, des
pèlerins, des pénitents, pieds nus et simulant la passion, cir-
culent dans la ville , en confrérie, en procession, munis do
torches semblables à celles qui brûlèrent les autels dePriam.
Quel pêle-mêle ! en vérité, ces bons confrères choisissent
mal leur temps. Aussi leur costume causerait bien des mé-
prises si leurs chants religieux n'annonçaient que ces dégui-
sements ont une spécialité qui n'est pas dans les plaisirs du
jour.
   Dans le nombre de ces caramentrants, de ces petites pyra-
mydes noires qu'on allume, il en est dont le faîte est orné
de rubans. Ces caramentrants floquetés sont ceux des jeunes
mariés.
   Les personnes qui ont épousé dans l'année doivent au quar-
tier qu'elles habitent un caramentrant. C'est la loi et les pro-
phètes. Celte contribution n'est encore que l'accessoire de la
cérémonie dont nous allons parler et de laquelle on ne s'af-
franchit jamais, quelque déplaisir qu'elle cause. Cependant il
faut croire que ces érections débuchers n'ont pas les mêmes
inconvénients que ceux du Malabar. Quoiqu'il en soit, cette
coutume est tellement ancrée au pays qu'elle entre dans les
solemnités complémentaires du contrat. Son omission cons-
tituerait un empêchement diriment aux douces communica-
tions du voisinage, pour les époux et leur postérité, et por-
terait malheur.