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                             BIBLIOGRAPHIE                             275
 soit que, les craintes diminuant, on se relâchât des précautions prises,
 jusqu'à ce qu'une injonction du gouverneur de Lyon vînt rappeler
 chacun au devoir et stimuler les ardeurs languissantes.
     C'est donc un chapitre sérieux que vient de retracer M. l'abbé Longin
 de l'existence du peuple de Villefranche au cours de cette phase des
 guerres de religion. On y saisit sur le vif les impressions causées dans
 les âmes par les mauvaises nouvelles venues du dehors, et que rendaient
 plus sombres encore l'imagination et la frayeur de tous, comme il arrive
 dans les temps troublés.
    A peine conclue, la paix de r 563 qui avait terminé la première
 guerre civile, laissait prévoir une rupture prochaine. Catholiques et
 protestants, mécontents pour des motifs divers, engagèrent une lutte
 sourde qui ne pouvait aboutir qu'à une guerre ouverte.
    Vienne, Mâcon et une partie des régions circonvoisines tombent au
pouvoir des protestants à la fin de 1567. Les habitants de Villefranche,
 catholiques dévoués, pleins encore du récent souvenir du siège de leur
 ville, ne restent pas indifférents. Les notables s'assemblent et entendent
les propositions du lieutenant général au bailliage de Beaujolais.
    Ici se manifestent, en un caractéristique épisode, les sentiments de
nos bourgeois des cités franches. Patriotes sans conteste, ils s'ingénient
néanmoins à concilier les privilèges dont ils sont jaloux, avec les
exigences d'une situation critique. Le lieutenant émet l'avis que le sieur
de l'Ecluse soit appelé, en qualité de capitaine, pour organiser la défense,
conformément, du reste, au désir du gouverneur de Lyon. En cas de
refus, celui-ci rendait les échevins responsables des conséquences de
leur acte.
    Désireux de se soustraire à cette lourde responsabilité, les échevins
soumettent la proposition à l'assemblée plénière. Incontinent, les
membres ecclésiastiques acceptent la nomination de M. de l'Ecluse,
déclarant avec raison qu'il ne serait plus temps d'appeler le secours après
le malheur arrivé.
    Mais les notables opinent en sens contraire, et refusent le concours
des gens de guerre par la crainte de n'être plus maîtres chez eux, une
fois ces étrangers introduits dans leurs murs. La garde de la ville fut
donc confiée à une troupe de cinquante de ses habitants que les notables
se chargeaient de nourrir, tandis que des gens envoyés au dehors les
tiendraient au courant des événements.
    La suite des faits ne laissa pas toujours aux bourgeois de Villefranche