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6                  ARTHUR DE GRAVILLON

dédaignent et nous dominent tout ensemble. Nous nous
courbons devant elles et nous les subissons. Nous leur
sàcrifions le plus souvent notre originalité native.
    « Est-ce qu' à l'époque où Raphaël et Michel Ange, ces papes
de l'art trônaient à Rome, dans toutes les autres villes de
l'Italie, il n'y avait pas d'autres artistes s^illustrant libre-
ment en des genres différents ? Masaccio et Donatll à
Florence, Jean à Bologne, Léonard de Vinci à Milan, et à
Venise, l'étincelante trinité de Paul Véronèse du Titien et
du Tintoret.
    « N'avons-nous pas eu nous aussi à Lyon nos architectes
comme Philibert Delorme, nos sculpteurs comme Coysevox
et Coustou, nos peintres comme Stella, et jusqu'en cette
fin de siècle le doux Flandrin, le robuste Chenavard, le fier
Meissonier, le cher et poétique Puvis de Chavannes, ne
 sont-ils pas nos compatriotes ?
     « Fils de Lyon que noussommes, pourquoi tendre toujours
 le cou vers Paris, et aspirer à boire les eaux troubles de la
 Seine, lorsque nous avons le double courant autrement
 large et limpide de la Saône et du Rhône ? »
     Cette idée de décentralisation, éloquemment résumée
 dans le discours de 1898, avait dominé la vie d'Arthur de
 Gravillon, qui abandonna Paris pour s'installer définiti-
 vement à Lyon.
     La Revue du Lyonnais manquerait à sa raison d'être, si
 elle n'adressait à l'artiste lyonnais que fut Arthur de Gra-
 villon un souvenir ému :
    Nous n'avons pas pour but de nous livrer à un examen
 littéraire et artistique des œuvres de notre distingué conci-
 toyen. Cet examen a été fait pendant des années et le temps
 des polémiques est passé. Mais nous croyons intéresser nos
 lecteurs en leur donnant quelques notes biographiques