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SOCIÉTÉS SAVANTES 75 Lebrun et au prix Lombard de Buffières, M. Bonnel donne lecture d'une étude sur Copernic. Ce savant fut un investigateur patient et prudent, qui n'arriva à sa théorie qu'après 36 ans de recherches. Après avoir été reçu docteur à Cracovie, à l'âge de 23 ans, en 1495, il occupa, à Rome, une chaire dé mathématiques, de 1499 à 1502. Ce que Copernic a démontré, c'est la rotation diurne de la terre sur son axe et sa translation annuelle autour du soleil. Mais cette idée de faire du soleil le centre du monde avait déjà été soutenue, au moyen-âge, par le cardinal de Cusa. Aussi l'Église, quoi qu'on en ait dit, eut dans cette question une attitude pleine de réserve et, en plein XVIe siècle, le pape Paul III fut favorable aux idées de Copernic, qui furent combattues, au contraire, par le célèbre astronome Tycho-Brahé. Séance du }o mars 18S6. — Présidence de M. Locard. — M. Char- vériat lit un travail sur les difficultés que rencontra, dans l'empire alle- mand, l'adoption du calendrier grégorien. C'est à la suite des erreurs qui résultaient du calendrier Julien, que le pape Grégoire XIII soumit la question à une Commission en 1578 et prescrivit l'observation du calendrier qui porte son nom,* par une bulle du 24 février 1582. Mais ce ne fut qu'en 1775 que ce calendrier fut adopté dans tous les États de l'Empire. — Au sujet de cette lecture, M. Caillemer fait observer qu'à la fin du xvn e siècle, les protestants étaient si hos- tiles à l'introduction du nouveau calendrier, que Leibnitz n'expri- mait qu'avec la plus grande réserve ses préférences pour la réforme de Grégoire XIII. — M. Locard signale à l'Académie un fait géologique fort curieux. Un assez grand nombre de boulets de pierre ont été retrouvés enfouis dans un champ des environs de Feurs. L'existence de ces boulets ne se rapporte à aucun fait historique connu, et ne peut être expliquée que par un fait géologique remarqué par Fournet et que les naturalistes appellent ségrégation. D'après cette explication, les parties les plus résistantes du granit en fusion ont pris, en se solidi- fiant, la forme sphérique qu'elles ont gardée jusqu'à nos jours. Séance du 6 avril 1886. — Présidence de M. Locard. — M. Caille- mer lit un rapport sur un travail de M. Ravarin, sur l'Assistance publique. Avec l'auteur, il étudie successivement l'action de la charité individuelle, celle des Sociétés libres, et enfin la charité officielle, à laquelle on a reproché de multiplier les pauvres^ mais qui est indis-