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                         SONNETS (i).
                      LE PANC DE PJERRÃ3-
      Scellez ce banc de pierre au seuil, contre le mur
      Dont le pisé s'étage en rustiques assises,
      Où le cep, jusqu'au toit, du pampre étend les frises,
      Et, comme un lourd gland d'or, su«pend le raisin mûr.

      Dans son granit rosé, lamé de zones grises,
      La fleur glauque s'unit à la conque d'azur;
      Des temps diluviens c'est un feuillet obscur
      Dont l'enfant curieux traduira les devises.

      Là, se feront, le soir, les chroniques du jour,
      La pluie et le beau temps, les jeux, les cours d'amour,
      Sous les bénins regards de la lune immobile ;

      Là, s'asseoira l'aveugle au bissac alourdi,
      Dont le chien coutumier vient toujours, à midi,
      Par l'huis entrebâillé me tendre sa sébile.

   (1) Les diverses éditions des sonnets de M. Soulary ont été reçues avec
un empressement et une sympathie qu'explique la supériorité de l'auteur
dans ce genre difficile. Chaque fois qu'un volume a paru, nos journaux
ont applaudi à cette poésie concise, nerveuse et colorée. La presse pari-
sienne elle-même a eu des éloges pour le brillant poète provincial. Nous
annonçons aujourd'hui un nouveau recueil plus complet que les précédents.
De ce volume , chef-d'œuvre de la typographie de M. Louis Perrin, nous
nous empressons d'extraire trois sonnets , avant que tout le monde ne les
connaisse.                                                A. V.