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CHRONIQUE LOCALE.
L'espace nous avait manqué dans notre précédent numéro, pour rappeler
parmi les dernières nominations dans l'ordre de la Légion-d'Honneur celles
qui intéressent notre cité. Nous croyons remplir un devoir en citant aujour-
d'hui M. Réveil, ancien maire de Lyon, vice-président du corps législatif,
nommé commandeur ; M. Falconnet, procureur général près la Cour impé-
riale de Pau, nommé officier; MM. Dareste de la Chavannc, professeur
à la Faculté des Lettres de Lyon, Grandperret, premier avocat général près
la Cour impériale de Toulouse, le docteur Glénard, professeur à l'école pré-
paratoire de médecine de Lyon, Perras, avocat à la Cour impériale de Lyon,
ancien bâtonnier de l'ordre , Louis Perrin , le célèbre imprimeur lyonnais,
Chavanis , membre du Conseil général du Rhône , Jacquier , président du
Conseil d'administration des hospices de Lyon, et l'abbé Rey, fondateur des
Pénitenciers d'Oullins et de Citeaux, nommés chevaliers.
—Le Conseil général du Rhône a pris, dans cette dernière session, quel-
ques déterminations importantes. La navigation de nos fleuves , l'exhausse-
ment de nos quais, radoucissement des voies de communication rapides, ont
été l'objet d'études sérieuses, et ont obtenu des crédits élevés. La dépense
des travaux de défense contre les inondations, telle qu'elle a été approuvée
par le Conseil général des ponts-et-chaussées, a dit M- le Sénateur dans son
rapport, est ainsi établie pour la ville seule :
RHONE. — Rectification et exhaussement des quais sur une longueur
totale de 8,894 mètres 4,375,000 fr.
Egout sur 3,200 mètres de longueur 500,000
Somme Ă valoir 265,000
SAONE.— Rectification et exhaussement des quais sur
9,710 mètres 4,700,000
Egout de 4,500 mètres de longueur 700,000
Reconstruction du pont Tilsitt et du pont d'Ă€inay , et
dérasement des roehes du pont de Nemours 1,700,000
Somme Ă valoir , 360,000
TOTAI 12,600,000 ^ fr.
A peine les devis approuvés , on s'est mis à l'a:uvre, et des deux côtés
du pont de Nemours , chaque matin depuis le 8 septembre, les coups de
la mine, aussi forts et aussi nombreux que le canon un jour de bataille, font
jaillir les rochers du lit de la Saône, réveillent la ville encore endormie, et
prĂ©parent la besogne aux cinq cents travailleurs occupĂ©s avec activitĂ© Ă
déblayer la rivière de son vieux rocher de granit. Le quai de la Baleine et
celui deBondy se commencent, celui des Célestinss'achève. Dans ce moment
on plante les premiers pilotis du nouveau quai du Rhône, vis-à -vis le Lycée
impérial ; on l'entreprend , dit-on, d'un seul j e t , du pont de la Guillotière
au pont Saint-Clair. On continue le quai Joinville, la rectification du Chemin-
Neuf est terminée, partout une armée d'ouvriers travaille , et la Grand'Cote
elle-même s'étonne de voir les habitants de la Croix-Rousse descendre aujour-
d'hui Ă Lvon sur de commodes trottoirs.