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 400                           CHRONIQUE LOCALE.
les paroles ont été écrites par MM. Jules Barbier et Michel Carré, et la mu-
 sique par M. Victor Massé, l'auteur de la poétique partition de Galathêe.
    On peut discuter le mérite de la musique des Saisons et Iwi trouver de la
monotonie et de la pâleur ; mais ce qu'on ne saurait lui refuser, c'est beau-
coup de finesse et de distinction. C'est toujours l'œuvre d'un maître. Peut-
être aussi que, dans cette circonstance, le musicien a été mal servi par les
librettistes. Ceux-ci, en effet, ont eu la prétention de sortir des voies bat-
tues, et de nous donner de vrais paysans , ou du moins des paysans moins
conventionnels que ne le sont ceux de l'opéra comique ordinaire. Mais la
pastorale empreinte de réalisme est-elle plus amusante ? Voilà la question.
   Quoi qu'il en soit, avec le concours de Madame Van den Heuvel et de
M. Achard, le succès de la partition nouvelle n'a pas été un instant dou-
teux. M me Van den Heuvel est une magicienne. Tout ce qu'elle touche de-
vient or. La mélodie la plus vulgaire a du charme sur ses lèvres. On oublie
ce qu'elle chante pour admirer l'art qu'elle emploie à le transformer.
Qu'est-ce donc quand elle chante une musique d'une nature si essentielle-
ment élégante que celle de M. Victor Massé ?
   M. Bonnefoy qui prenait le rôle rempli à Paris par l'acteur Bataille,
n'a pas failli à sa tâche ; il a heureusement complété l'ensemble de la re-
présentation à laquelle rien n'a manqué , ni l'entrain et la vigueur des
chœurs, ni la verve comique du trial, chargé d'égayer le fonds un peu
triste de la pièce.                                              J. T.

                  CHRONIQUE LOCALE.
    Ainsi qu'on devait s'y attendre, la sécheresse a été suivie de l'inon-
  dation. Après les désastres de l'Ardèchc nous apprenous ceux de la
 Savoie et du Dauphiné. A son tour, Lyon a été visité par ses deux
 rivières ; les travaux immenses de nos qxiais ont été interrompus, le Rhône
 est entré à la Guillotière, mais, grâce à notre système d'endiguement et
 aux précautions prises, aucun accident n'est encore à déplorer. Le barrage
 établi au-dessous du PonWle-Ncmours a été abandonné le 1 e r novembre.
    — Notre ville a perdu, il y a peu de jours, le chef d'une de nos plus
 anciennes et de nos plus nobles familles. M. le baron Dervieu de Varcy,
 commandant de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, est mort à Lyon à l'âge
 de 73 ans. Suivant son dernier vœu, il a été inhumé dans l'élégante cha-
 pelle de son château de Varey, en Bugey, château célèbre dans l'histoire
 de notre pays, et que M. de Varcy avait fait restaurer fidèlement dans son
 imposant style du moyen-âge.
. — Il n'a été question, au commencement du mois, que de la découverte,
 à Lyon, d'un magnifique tableau d'André del Sarte, représentant l'Assomption.
 Cette toile précieuse a'élé immédiatement portée à Paris.
    — Les journaux du département de l'Ain nous annoncent qu'une statue
 remarquable, due au ciseau de M. Emilien Cabuchct, vient d'être placée
 dans la belle égfise de Notre-Dame, à Bourg.
    — En peinture, l'Exposition de la Société des Amis-dcs-Arts s'ouvre
le 6 janvier; en musique, les matinées musicales de M. Pontet ont commencé
le 4 novembre ; en architecture, le palais de la Bourse voit tomber ses écha-
faudages, et l'on peut déjà comprendre la riche ordonnance de ce monument.
    — En donnant, dans notre dernier numéro le procès-verbal des réjouis-
sances qui curent lieu à Lyon à l'occasion de la victoire de Jarnac, nous
avons oublié de mentionner que ce document curieux uous avait été remis
par M. Gauthier, archiviste de la ville et était tiré du riche dépôt confié
à ses soins. Nous réparons avec empressement celte omission. — Dans la
même livraison, page 319, ligne 11, au lieu de solidement, lisez : habilement.

                        Aimé    VIMGTRINIER,      directeur-gérant.