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UN ENGAGEMENT D'ARTISTE au théâtre de Lyon en IJIO E document suivant, tiré des Archives départe- mentales du Rhône, nous donne un curieux aperçu sur les appointements d'artistes drama- tiques au commencement du dix-huitième siècle. Les directeurs actuels se plaignent amèrement des pré- tentions toujours croissantes des étoiles. Mais ils subissent leurs exigences, quitte à se rattraper sur les seconds rôles et les comparses, fort médiocrement rétribués en général. Il semble qu'autrefois les choses se passaient'plus équi- tablement et que chacun pouvait gagner honnêtement sa vie. Nous voyons, par le contrat ci-joint, qu'une jeune artiste remplissant l'emploi modeste de Colombine, et joignant à cela des aptitudes de chanteuse et de danseuse, était engagée à Lyon, en 1710, pour la somme de 300 livres par mois. Si l'on tient compte de la valeur de l'argent, calculée d'après le prix des denrées, des loyers, et de toutes choses nécessaires à la vie, cette somme de