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126 AUGUSTE .BRIZEUX profane. Alors, le malheur, entre dans la ferme d'Anna Hoël : sa mère languit d'un mal mystérieux. Anna s'em- barque à Concarneau pour le pèlerinage du repentir avec Liiez et le vicaire. Une effroyable tempête se déchaîne et menace de l'engloutir ; mais un cri vers le ciel les arrache à la mort. Ils accomplissent leurs vœux et reviennent aider Hoël à bien mourir, le conscrit Liiez à se préparer au départ pendant la funèbre veillée des morts. Tous sont dans la tristesse : Anna pleure son père, Et Lilè^ son départ. — Et toi, Loïc, mon frère ? — Oh! moi, vous save^ trop comment s'en vont mes jours; Votre sort est le mien : aimer, souffrir toujours. Mais voilà que les conscrits luttent contre les gendarmes : Loïc et Liiez s'échappent, fuyant de pays en pays, Chevreuils légers des bois poursuivis par les chiens. Us voyagent longtemps par les nuits sombres, jusqu'à ce qu'on leur annonce une amnistie. Adieu, les angoisses! Loïc et Liiez rentrent à Scaër et, le même jour, épousent l'un Anna, qui s'est fait un peu prier, et l'autre Hélène. La double noce's'arrête sous les ifs du cimetière et convie ses morts A se mêler un jour aux fêtes de ce monde. Les pauvres en sont aussi, Comme en ces âges d'or, lointain qui toujours brille, Tous ne formaient entre eux qu'une seule famille. Cette histoire romanesque n'est que le côté secondaire du poème et « l'entoure moins comme un vêtement que comme une écharpe », disait Charles Magnin; elle sert de