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                        SAINT NIZIER                       91
comblée des consolations qui en dissipent les angoisses et
les privations. Le Décalogue fut promulgué comme l'uni-
que loi pour tous ; l'Evangile devint le livre où l'enfant
apprit à lire, l'homme à vivre, le chrétien à mourir. La
religion eut une voix toute-puissante : sous le joug de ses
préceptes et de ses dogmes, elle courba tous les fronts et
enchaîna toutes les consciences. Sous- ce toit béni, on ne
forma plus qu'un cœur et qu'une âme, et pendant quel-
ques années, dans ce coin de terre bourguignonne, à l'om-
bre de la croix, on put croire que l'idéal du christianisme
originel était ressuscité.
   L'affection et la partialité du sang ne décidèrent donc
pas exclusivement Sacerdos à solliciter de Childebert Nice-
tius pour héritier de son siège. Le métropolitain de la Lugdu-
naise, en assistant aux premières sessions du synode de
Paris, venait de juger à quels périls et à quelles souf-
frances était exposé un troupeau abandonné à un merce-
naire ; il avait sans doute aussi contribué à faire remettre
la houlette de saint Denis à saint Germain, abbé d'Autun,
fondateur sur la rive gauche de la Seine de la savante
abbaye qui perpétua son nom : il désira naturellement un
bienfait identique pour la région qui lui était plus chère
encore et son neveu lui parut le plus digne. « Vous savez,
dit-il au prince qui le visitait sur son lit de mort, que j'ai
été pour vous un serviteur fidèle, et quelle ponctualité j'ai
mise à vous soutenir en toute occasion ; ne me laissez pas
partir d'ici-bas avec l'amertume d'une prière repoussée.
Accordez à mon Eglise, pour chef et pour père, le fils de
mon frère ; c'est un prêtre chaste, dévoué aux églises,
miséricordieux aux pauvres ; ses œuvres et ses mœurs,
dénoncent en lui un des plus honorables serviteurs du
Christ, » « Que la volonté de Dieu soit faite ! » répondit