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434 NOTICE SUR FRANÇOIS DE ROHAN.
le sacristain Rolin de Semur (l) et l'official Estienne de LaFaye.
Cette même année , le jour de saint Mathias (24 février) (2),
une grande inquiétude régna dans toute la ville. S'il fallait en
croire Rabelais (3), le bruit eourut que les Français avaient été
vaincus en Italie, et pourtant ce ne fut que !e 28 , quatre jours
après qu'une dépêche annonçant la perte de la bataille de Pavie,
fut apportée à la Reine-mère par M. de Montpezat, un des gentils
hommes de la maison du roi (4). Déjà le Consulat s'était entendu
avec l'archevêque pour que, dans des circonstances aussi graves,
la tranquillité publique ne fût pas troublée. Louise de Savoye
résidait dans le cloître de Saint-Just ; auprès d'elle était Margue-
rite de France, dont le mari Charles d'Alençon, qui avait fui
durant la bataille, vint se réfugier à Lyon où il mourut le 11 avril.
Le 8 août suivant, Marguerite partit de notre ville pour se rendre
à Madrid (5) auprès du roi son frère, afin de lui prodiguer ses
soins et ses consolations, et tâcher d'obtenir la liberté. Elle
trouva Charles-Quint inflexible et repassa en France vers la fin
de novembre. Plus heureux que François 1er, Henry d'Albret,
qui était resté prisonnier dans le château de Pavie , en sortit le
(1) Rolin de Semur {de Sinemuro), chanoine et comte de Lyon, mourut
en 1593. Voyez Quincarnon sur Saint-Jean, p. 78.
(2) Jour de remarque dans nos annales. C'est le 24 février 1589 que
Lyon arbora l'étendard de la Ligue, et c'est le même jour que l'on y pro-
clama la république en 1848.
(3) La Sciomachie, p. 361, édit. du Panthéon.
(4) « La lettre de François 1 e r (à sa mère) ne contenait, dit le P. de
« Colonia (Hisl. litt., II, 506) que ces six mots, mais si pleins d'énergie et
« si convenables à sa situation présente : Madame, tout est perdu , fors
« l'honneur. » N'en déplaise à l'estimable jésuite, chacun sait aujourd'hui
que les six mots bien trouvés ne se trouvent pas dans la lettre du prisonnier
de Charles-Quint ; en voici la première phrase : « Pour vous faire assçavoir,
Madame, corne se porte la reste de mon infortune de toutes choses non ne
mest demuré que « Ihon et la vie qui est sayne.... » Voyez le BAYLE de
Beuchot, tome I, p. xxvj.
(5) Agrippa, lettre écrite de Lyon, le 8 août 1525: ... Hodie siquidem
recedit hinc Prineeps mca, comitaturque filiam ituram in Hispaniam...