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370                  LES SIRES DE BAGK.
d'Aquitaine, un esclave nommé Esmengord avec ses enfants,
dépendant de la seigneurie de Romans. Comme lui, nous
voyons grand nombre de simples particuliers, de seigneurs,
d'évêques et de rois même la combler à l'envi de tant de lar-
gesses que nous croyons devoir en chercher la cause. Est-ce,
comme le disent quelques donateurs, pour se rendre Dieu
propice, craignant le jugement de Dieu et la ruine du siècle
présent (on s'attendait à la lin du monde). Peut-être celle
pensée est-elle entrée dans la détermination de quelques-
uns • mais nous croyons y voir une raison plus haute. La
société à cette époque était tombée au dernier degré d'abais-
sement, et la Providence préparait celte célèbre maison pour
opérer une réforme si désirable, réforme qu'elle accomplit
avec tant de succès qu'Urbin II, écrivant à l'abbé Hugues,
en 1098, lui disait : « La congrégation de Cluny brille sur la
lerre comme un autre soleil,., en sorte qu'on peut lui ap-
pliquer cette parole du Seigneur : Vous êtes la lumière du
monde. »
   Mainbold avait succédé à Gérard. Ce prélat, dans le des-
sein de réparer les maux de ses prédécesseurs, sollicita la
protection de Louis-d'Oulremer; mais le monarque qui avait
signé la charte présentée par son prédécesseur, sans peut-
être l'examiner, ne jugea pas à propos de lui venir en aide.
   Hugues, de son côté, venait de s'allier avec Albéric, comte
de Mâcon. Depuis longtemps les comtes et les évoques de
Mâcon étaient en désaccord. Ceux-ci avaient le gouver-
nement intérieur de la ville, ceux-là commandaient dans la
plus grande partie du Maçonnais. Les possessions mêlées les
unes aux autres étaient une source continuelle de divisions.
Albéric embrassa avec empressement le parti de Hugues, aux
conditions néanmoins que celui-ci lui céderait la moitié de
Saint-Clément, et qu'ils partageraient les conquêtes futures.
   Le traité conclu, les deux alliés prennent les armes, s'a-