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290 CHRONIQUE DE LA MAISON DE BEAUJEU.
taille et leur demeura le champ auquel furent tuez Angloys
et Lorroins en grand nombre, plusieurs blessés et navrez Ã
mort, et y eut beaucoup de prisonniers et tout le demeurant
fut mis en fnilte. Ledit messire Guichard commanda que le
corps de son frère fut levé et porte à sainct Orner, ce qui fut
faicl incontinant, mais ce ne fut pas sans grand douleur et
plainte de tous qui furent faictz sur le corps dudit mareschal.
Aussy a la vérité futung très grand dommaige, car ledit ma-
reschal n'estoit qu'en sa fleur et en laage de trente cinq ans.
Il ny a langue qui sceult exprimer, ni plume qui sceult es-
crire la grande perle que ce fut tant pour son pays que pour
le royaulme de France.
Il deceda le troisiesme jour may lan de notre Sei-
gneur Jésus Christ mil trois cens cinquante ung. Son corps
fut apporte dudit lieu de sainct Orner a grand Iriumphe jus-
ques en labbaye de Belleville ou il fut très honorablement
enterre au tombeau de ses prédécesseurs. Lobseque en fut
faicte auditan mil trois cent cinquant ung, le dernier jour de
juing, et fut mis au tombeau dernièrement faict pour son feu
père Guichard le Grand.
Madame Marye du Thil sa délaissée le survequit, el eut
la tutelle et gouvernement de monseigneur Anthoine de
Beaujeu et dé madame Marguerite, ses Riz etfilles,et de toute
la baronnye, terre et seigneurye de Beaujeu. Elle la gou-
verna et conduict si saigement, quelle acquerra le beau chas-
teau de Berzy, et si mourust au chasteau de Pailly dame de
Beaujeu sa vye durant, l'an de notre Seigneur mil trois cens
cinquante neuf, le quatriesme jour de mars.
Mondit seigneur Guichard, seigneur dePerreux, son frère,
et oncle dudit Anthoine de par le père seullement, espousa
et eut a femme très noble dame, madame Marguerite de
Poictier, fille de hault et puyssanl prince, monseigneur le
comte de Vallentinoys, de laquelle il eust six enfans. Premie-