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88              EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ, ETC.
disciples : Socrate engendre Platon et Aristote , les philosophes
enseignent les géomètres ; on suit la filiation de la science jus-
qu'à nous. L'unité et l'intérêt naissent du beau spectacle qui nous
est donné de la solidarité existant entre tous les membres de la
famille humaine , même à travers le temps. Par les disciples,
nous remontons aux maîtres, nous devenons presque leurs
contemporains, nous les connaissons et nous les aimons.
   M. Paul Delaroche est trop impartial, trop éclectique ; il serait
difficile de deviner ses préférences parmi tant d'artistes illustres.
   On aimerait à voir l'un d'eux, Raphaël ou Michel-Ange, s'a-
vancer au milieu de tous avec cet air majestueux que Dante
prête à Virgile, lorsque les poètes, réunis dans l'Elysée, s'écrient
à son approche :
                Onorate l'allissimo poëta.
   Ces deux grandes figures de l'art moderne sont, au contraire,
de celles qui paraissent avoir dépassé les efforts du peintre. Le
Raphaël de l'Hémicycle n'est point celui que ses contemporains
eux-mêmes appelaient le divin jeune homme.
   La tête rude , chagrine et un peu brutale de Michel-Ange ne
nous donne point l'austère et universel génie qui a créé la cha-
pelle Sixtine.
   M. Paul Delaroche flotte entre l'idéal et la réalité, entre le dessin
et la couleur : l'esprit, le sentiment des convenances , des vrai-
semblances , l'habileté qui ne dédaigne aucun moyen, même de
second ordre pour amener l'intérêt, telles sont les qualités qui le
distinguent, et il les possède à un degré supérieur.
   Le ferme burin de M. Henriquel-Dupont a non seulement con-
servé toutes les beautés de la fresque de l'Hémicycle, mais encore,
si nous consultons nos souvenirs, il lui a imprimé un aspect plus
magistral.