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470               MONOPOLE DK LA HOUILLE.
ment de la Loire et des départements voisins, s'alarma avec
raison et formula, par les organes réguliers qui la représentent,
des réclamations contre le monopole dont elle était menacée.
   Le Conseil municipal de Saint-Etienne fut le premier à pro-
voquer, le 14 août 1845, des mesures préventives.
   Le 30 du même mois, le Conseil général de la Loire appela
l'attention du gouvernement sur la formation d'associations dont
le but avoué était d'englober toutes les exploitations du pays
et de se rendre ainsi maîtresses et des moyens de production
et des prix de vente, et il demanda instamment que le pays fût
rassuré contre les conséquences d'un monopole qui n'aurait pas
même le frein d'un tarif.
   Sur la proposition du maire de Lyon, le Conseil municipal de
cette grande ville se plaignit, par une délibération du 12 mars
1846, de ce que la Compagnie nouvellement constituée voulait
s'attribuer le triple monopole de l'extraction, de la vente et du
transport de la houille.
   Beaucoup d'autres villes et communes élevèrent leurs récla-
mations contre le monopole qui s'organisait. Dans le nombre >
on cite les villes de Vienne, Givors, Rive-de-Gier, St-Chamond,
Montbrison, Roanne, St-Bonnet, St-Galmier, Mulhouse, etc.
    Il en fut de même des Chambres de Commerce et consulta-
tives et du Conseil général des Manufactures.
    Ainsi tous les corps délibérants, tous les organes de l'intérêt
public ont signalé les dangers et les abus d'une coalition illicite.
Nonobstant les réclamations universelles, la Compagnie houil-
lère poursuivit le projet de réunir sous sa main toutes les mi-
nes du bassin de la Loire ; les concessions agglomérées étaient
les plus riches et les plus productives ; au moment où l'asso-
 ciation générale fut constituée (novembre 1845), elles étaient au
 nombre de 25 ; au mois de mars suivant, elles s'élevaient à 32
 sur 60. La Compagnie chercha en même temps à s'emparer des
 voies de transport. Deux traités furent souscrits, l'un avec la
 Compagnie du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon, l'autre
 avec la Compagnie du canal de Givors, pour avoir la jouissance
 de ces voies, à titre de bail, pendant 83 ans. Elle se hâta de de-