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DE L'EMPEREUR FRÉDÉRIC II 405 le dernier coup à son autorité. Nobles et prélats s'affran- chirent à son égard de toute obéissance ; et, en voyant la ruine du pouvoir impérial, chacun prétendit à une part de ses dépouilles (18). C'est ainsi que la constitution de l'Empire se transfor- mait, non d'après des théories sur l'origine et l'exercice du pouvoir, mais d'après les besoins changeants des person- nages dont la constitution réglait les rapports mutuels. De là des concessions dont le principal résultat a été l'affaiblis- sement du pouvoir impérial et le morcellement de l'Alle- magne. C'est ce perpétuel changement de la constitution sous la pression d'événements et d'intérêts particuliers qui donne à l'ouvrage de M. Blondel son principal attrait. La papauté, l'Empire, la grande et la petite noblesse, les villes, les classes rurales, les rapports qui existent ou doivent exister entre ces divers éléments de la société, tels sont les principaux points sous lesquels peuvent se grouper les théories de la philosophie et les faits de l'histoire. On ne possédait pas encore en France un ouvrage sur la constitution de l'Allemagne. Il est à désirer que M. Blondel continue sur ce point les études qu'il a si bien commencées, et qu'il nous donne maintenant une histoire complète de la constitution allemande. (18) P. 391. E. CHARVÈRIAT.