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   Il reconnaît cependant que quelques-uns d'entre eux
étaient des directeurs d'ateliers, tout en restant artisans et
frappant eux-mêmes, dans les petites localités, les pièces
qu'ils signaient.
    Il ajoute même encore qu'ils avaient une certaine impor-
tance puisqu'il cite ce trait (rapporté par Grégoire de
Tours (2), d'un monétaire de Paris dont il ne donne pas le
nom, qui obtint la guérison d'une maladie dont il souffrait
en faisant construire un oratoire sur le tombeau de la
vierge Crescentia.
    M. Prou rappelle aussi un passage de la Vie de saint Éloi
par saint Ouen, qui montre un orfèvre Abbon dirigeant
l'officine royale de la monnaie du fisc à Limoges et don-
nant les premières leçons de son art au jeune Éloi.
   M. Blanchet, dans son Manuel de Numismatique du Moyen
Age, tout récent aussi, dit cependant avec raison qu'il ne
faut pas confondre le monétaire avec le monnayer, le fermier
de la monnaie avec l'ouvrier monétaire (3).
   Si le souverain leur donnait le pouvoir de battre
monnaie, il fallait qu'ils fussent grands propriétaires fonciers
et responsables de la qualité du titre des pièces qu'ils
frappaient.
   C'est là le motif qui fit substituer le nom du maître moné-
taire au nom du roi sur la monnaie. C'était là une garantie.
Un artisan, un orfèvre renommé ne pouvait pas évidem-
ment offrir les mêmes garanties que le seigneur, riche
propriétaire foncier.
   Si nous entrons dans le vif même de la question, que je



  (2) Grégoire de Tours. Gloria confessorum, 105.
   (3) Manuels Roret, Blanchet, 1890, p. 30 et 53.