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ÉTVMOLOGIE DE LUGDUNUM 105 volumen roulé et, de la droite, un vase d'où sortent deux épis de blé, qu'il paraît offrir à un autre personnage placé en face de lui. Celui-ci est un jeune homme nu, également imberbe, aux cheveux longs, coiffé d'une couronne murale, s'appuyant, de la main droite relevée, sur une haste et sou- tenant, de la gauche abaissée, une corne d'abondance ; une chlamyde repliée pend de son épaule gauche et, du même côté, un parazonium est suspendu à son flanc par un bau- drier. En bas, entre les deux figures, apparaît un corbeau, perché sur un rocher, les ailes semblant prêtes à s'ouvrir et la tête tournée du côté du jeune homme. Au dessus se lit le mot : FELIC"IT"E - R (19) séparé en quatre parla haste, la couronne murale et la corne d'abondance. La publication de ce médaillon mutilé latéralement fit remarquer d'autres fragments. L'un, trouvé à Sainte- Colombe, fait partie de la riche collection de M. E. Récamier; il a été publié, en 1882, par M. Florian- Valentin (20); le second se trouvait depuis longtemps conservé au Musée de Lyon (21). Il ne présente que livre, que je n'avais pu me procurer. Le moule avait de nombreuses soufflures, qui ont produit des points ronds sur la pièce. (19) Ce mot est une formule de félicitation ou de consécration (M. de Witte, loc. cit.), une réponse du génie à Plancus (M. Allmer) ; ne pour- rait-on pas y voir également un souvenir de la légende, une allusion au corbeau de bon augure, posé aux pieds des deux personnages et qui regarde le génie comme s'il dictait à celui-ci ce mot, présage de prospérité : Féliciter? (20) Bulletin épigraphique de la Gaule, 1882, pi. xv. (21) Il est à propos de remarquer que ces divers fragments ne pro- viennent pas du même moule, quoique étant la reproduction d'un même modèle. Ce fait vient encore à l'appui de l'étymologie indiquée par Clitophon et prouve combien elle était accréditée à l'époque ro-