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DE L'HÔTEL DU PARC. 415
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que nous venons d'indiquer, c'est l'état de non achèvement
où est resté l'édifice. Les bases sont à peine ébauchées.
Sur la face du monument, la moulure n'est encore qu'en
chanfrein grossement établi, laissant beaucoup de gras de
pierre à abattre, que le ciseau était en train de tailler. La
corniche et les inscriptions sont seules terminées. Quant Ã
la partie postérieure de l'édifice, elle a- été laissée à l'état
d'ébauche ; les profils sont a peine indiqués.
Il n'y a qu'un événement bien grave qui a pu arrêter ainsi
tout à coup l'exécution du monument; un examen scru-
puleux en offre la preuve. Ce ne sont pas des tailles pré-
parées exprès pour être sculptées plus tard, comme tant
d'édifices inachevés en donnent l'exemple. Au contraire, le
travail de l'ouvrier était en voie d'exécution, la trace du
ciseau est vive et l'on distingue parfaitement le point où
l'outil s'est arrêté.
Une grande catastrophe, une grave perturbation sociale,
l'approche d'un ennemi victorieux ont pu seules arrêter
l'exécution des détails commencés.
Le sac de notre ville par les troupes de Septime-Sévère,
après la défaite d'Albin, l'an 202, correspond trop bien avec
le style de l'édifice pour ne pas penser que c'est à ce terrible
événement qu'est dû le non achèvement de notre hémicycle,
et l'on sait que jamais Lugdunum ne put se relever entière
ment d'un si horrible désastre.
La découverte, en 1847, d'un des blocs de l'hémicycle,
dans les fondations de la deuxième pile du pont de Saône,
est une circonstance heureuse non seulement parce qu'elle
nous donne l'espoir d'en découvrir d'autres au même on
droit en poursuivant les travaux dont on s'occupe actuel-
lement dans l'intention de rendre celte arche navigable, mais
en ce qu'elle nous donne à peu près la date à laquelle l'hé-
micycle probablement déjà grandement endommagé a été