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330 LETTRES 1)V CONNÉTABLE vaitiés et traisons par lui commises contre la magesté et seigneurie de mondit Seigneur et pour la garde et conser- vacion d'icelle, tendant au bien universel de toute la chose publique du royaulme. Duquel exploit mondit Seigneur mal adverti et non cognoissant les grans desloyaultez et traisons dudit Giac, s'est indigné a rencontre de nous et prins en son cuer courroux et desplaisance, comme rapporté nous a esté. Pour quoy nous qui voulons et desirons sur toutes choses terriennes le bien de mondit Seigneur et de sa sei- gneurie, vous escripvons et signifiions ces choses présen- tement en vous priant et requérant, treschiers et bons amis, que comme bons, vraiz et loyaulx subgez de mondit Sei- gneur, vous vueillez emploier et tenir la main de voz puis- sances avecque nous au bien de mondit Seigneur et de sa seigneurie et de vous mesmes a qui la chose touche, en acquittant voz loyaultez, comme tousjours avez fait, pour le rapaisement de mondit Seigneur, en ayant regard aux in- convéniens inreparables qui, par son courroux ensuir se pourroient, lui vueillez rescripre, actendu que ce est fait pour le tresgrant bien de lui et de sa seigneurie, qu'il lui plaise oster et mettre hors de son cuer tout courroux et déplaisance, s'aucuns en a euz et prins pour ceste cause. Et qu'il lui plaise interpréter en bien la dite prinse. Et aussi lui supplier qu'il lui plaise prendre et mectre entour luy notables gens preudommes dont il trouvera assez en son royaulme qui, d'ores en avant, le puissent et saichent conseiller au bien de lui et de sa seigneurie. En tenant de votre part telz termes envers nous, comme seureté et fiance y avons, sanz pour quelconque lettre ou mandement que vous escripve ou face faire mondit Seigneur, au contraire ne vouloir penser que jamais voulsissions riens faire ne tendre a autre fin que tout au bien universel de toute la chose publique de son royaulme. En quoy voyans la désola-