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LETTRE DE M. ALAIN MARET. 317
bandes de sable. On peut, du reste, vérifier les émaux de cet
écusson, chez M. Auguste Brun, libraire, qui en a reçu une
empreinte et vous avez plusieurs de vos collaborateurs, entre
autres, MM. Steyer et de Soultrait, qui connaissant parfaitement
la science du blason, peuvent donner une description très-exacte
de ces armes.
Tous les ouvrages de blason indiquent les armes de la famille
de Fiesque comme portant.- bandé d'argent et d'azur de six
pièces. On voit qu'il y a une différence avec l'écusson de Pouilly;
mais cette différence n'est pas assez grande, à ce que je crois,
pour qu'elle ne puisse être considérée, simplement comme une
brisure indiquant une des différentee branches de la famille de
Fiesque. Ainsi, à mon avis, le sceau trouvé à Pouilly représente
les armes primitives de cette famille, tandis que celles rappor-
tées dans les ouvrages de blason, représentent les armes brisées
d'une branche cadette, peut-être de celle qui s'était fixée en
France et qui s'éteignit sous le règne de Louis XIV, dans la
personne de Jean-Louis, comte de Lavagne.
M. Alphonse Coste, de Roanne, qui a examiné le sceau de
Pouilly, croit que, au lieu de NIGRASI il faut lire : DEI GRASi
abrégé pour DEI GRATIA, car on ne doit pas s'en tenir aux règles
rigoureuses de l'orthographe, pour un écusson aussi ancien que
celui-ci, qui date au moins du treizième siècle; on voit que la
légende contient deux fautes, l'absence de l's dans le mot comitis
et l'e final du mot Lavanie, qui aurait dû s'écrire œ.
L'opinion émise par M. Alphonse Coste, me paraît d'autant
plus acceptable que si l'on adoptait le mot NIGRASI comme nom
de ce Jacob, comte de Lavagne, il en résulterait qu'il aurait été
étranger à la famille de Fiesque, ou tout au moins à la ligne
masculine de cette famille, ce qui n'est pas possible, puisque
cette ligne qui, seule avait le droit de porter le titre des comtes
de Lavagne, avait de nombreux représentants au XIII e siècle, et
subsistait encore au XVIII e , sous le règne de Louis XIV.
Veuillez, Monsieur, agréer l'assurance de ma considération
très-distinguée.
Alain MARET.