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312                       I.ETTRK INÉDIIT,

rédacteur l'avoit oublié. Je vous invite à revoir ce passage, et
surtout à considérer que je n'ai tenu qu'un langage auquel tout
l'auditoire s'attendoit bien, et où personne n'a songé à voir une
contradiction avec mes principes et ma conduite passés.
    Venons à cette scène de réunion que j'ai provoquée et qui a
si efficacement servi les vues de l'injustice qui me poursuit.
Mais, pour l'entendre, il faut remonter à une époque antérieure,
mais très-voisine de cet événement. Je pensois depuis longtemps,
en moi-même, que la Constitution devenoit de plus en plus, d A s
les mains du roi et de ses agents pervers, un instrument de
contre-révolution, et que rien n'étoit plus absurde et plus su-
perstitieux en politique, que de s'assujétir littéralement à une
constitution, lorsqu'un état est encore en pleine révolution. J'ai
écrit mes idées sur cette matière, et je concluois à ce que le
corps législatif, jusqu'après la clôture définitive de la Révolution,
fermât le livre de la Constitution et ne consultât, dans ses dé-
terminations, que la loi éternelle et suprême du salut du peuple.
Je communiquai ce travail à M. Delaunay d'Angers. Il trouva
cette mesure indispensable et urgente ; il-me dit qu'il s'étoit lui-
même occupé de cette pensée , et qu'il avoit un travail fort
avancé sur cette matière. 11 me demanda le mien avec instance
pour le fondre dans le sien. Je le lui donnai, et peu de jours
après, il prononça à la tribune ce discours si plein de force et
de hardiesse que vous aurez v u , sans doute , et qui effaroucha
si fort une grande partie de l'Assemblée.
    Ce projet fut renvoyé au Comité. Mais nous vîmes bien que
trop peu d'hommes étaient mûrs pour une telle détermination,
et qu'on trouverait le moyen d'en suspendre indéfiniment le
rapport. Cette proposition avoit irrité les amis du comité autri-
chien , et scandalisé bon nombre d'assés bons patriotes qui
croyoient bonnement qu'il n'y avoit pas de comité autrichien .
et que le roi étoit un honnête homme.
  . Ce fut dans ces circonstances, qu'entre trois ou quatre, nous
méditâmes un moyen de rendre saillante, et la perversité des
hommes corrompus par la cour, et la profonde perfidie de la
cour elle-même. Nous avons dit : « Rallions, s'il est possible,




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