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272             DE L'ARCHITECTURE RELIGIEUSE

 notre époque qui sacrifie beaucoup trop à l'ornementation et pas
 assez à la vérité de l'art.
    A en juger par son magnifique clocher en assises de bel appa-
 reil, fièrement planté sur la façade, et par le soin avec lequel
 les parements extérieurs ont été faits en beaux moellons piqués,
 on pourrait croire que tout le monument est construit avec une
 consciencieuse sévérité; il n'en est rien pourtant, car à l'inté-
 rieur il ne conserve que l'apparence et non la réalité de ce qu'il
 indique au dehors.
    Les voûtes des nefs sont en plâtre ! Et comment pouvait-il en
 être autrement ? on a voulu à tout prix créer un édifice dans le
 genre de celui de Saint-Martin-d'Ainay,eten rappeler par consé-
 quent le style et l'ordonnance.
    Seulement, on a oublié de remarquer que ce curieux monu-
ment de la cité lyonnaise ne comportait pas de voûtes, mais •
un-simple plafond en lambris. Le comble de la nef centrale, de
 même hauteur que celui des collatéraux, était éclairé par une
petite fenêtre géminée que l'on voit encore au-dessus de l'un
 des arcs qui supportent la coupole.
   Cette construction primitive était parfaitement conçue et rai-
sonnée ; c'est par le fait d'une regrettable erreur et de déplora-
bles restaurations mieux nommées détériorations , entreprises
par l'architecte Pollet, que le lambris a été remplacé par la voûte
impossible, absurde, que l'on y voit aujourd'hui. Aussi, de même
que celle d'Ecully, n'a-t-elle pu être, construite qu'à l'aide de
moyens tout artificiels, c'est-à-dire en lattes enduites et recou-
vertes de prétentieuses peintures pour dissimuler cette pauvreté      •
d'exécution.
    Si l'église d'Ecully n'était qu'une œuvre d'art de médiocre
valeur, nous aurions été moins offusqué de la vue de cette voûte
qui rappelle involontairement un peu trop celle d'une cave, et
dont les mesquines fenêtres de la nef figurent malheureusement
les soupiraux. Cette fâcheuse ordonnance, nullement en har-
monie avec la teinte archéologique que reflète le monument
tout entier, vient faire surtout un contraste des plus choquants
avec la somptueuse ornementation romane qui se montre aux