page suivante »
200 STATUE ÉQUESTRE ANTIQUE.
se pourrait que ce morceau de bronze engagé sous les blocs
énormes qui ont été signalés dans la rivière, ait assez forte-
ment retenu la jambe pour nécessiter les efforts qu'il a
fallu pour l'ébranler, efforts dont l'exagération, dans les
lettres d'Adamoli, a induit en erreur tous les archéologues
désireux de faire des recherches a ce sujet (1); du reste,
une déclaration de Barthélémy Laurent, contenue dans la
troisième lettre d'Adamoli, en date du 20 janvier 1767, vient
contredire tout à fait ce qui est dans les deux premières.
L'auteur de la découverte dit simplement, qu'il avait resté
plus d'un quart d'heure pour l'ébranler entre le sable et
les pierres qui la retenaient. 11 ne faut pas oublier aussi
que tout cet assemblage était fortement consolidé par la
gelée.
Nous aurions pu nous borner à un simple récit des faits,
a l'aide de documents inconnus, pour ainsi dire, et que
nous avons été assez heureux pour nous procurer. Mais les
contradictions qui résultent de ces documents nouveaux
avec l'opinion accréditée, nécessitaient de mettre en regard
ces récits opposés et d'en discuter l'exactitude. Ceci n'a
pas peu contribué à éclairer la question.
Maintenant, nous allons parler des recherches qui eurent
lieu à diverses reprises, dans l'espoir de découvrir la statue
équestre a laquelle appartient le beau morceau trouvé
en 1766,
Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit au sujet
(1) Les deux premières lettres d'Adamoli ont été, dans le temps , l'objet
d'une vive critique , et ont donné lieu à une espèce de pamphlet contre lui
par un nommé B. Duplan, et imprimé par A. Delaroche.
Adamoli se plaint de cette critique assez mauvaise, du reste, dans une
lettre à M. de Migieu, et dont la copie , de la main d'Adamoli lui-même, est
conservée dans la bibliothèque de l'Académie, n° 55. manuscrits (ancien
n" 45).