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130 LETTRE AU SUJET DES ROIS BURGUNDES.
Les historiens qui veulent que Gondioc soit lefilsde Gondahairc
et le père de Gondebaud, et que Carétène ait été la femme de
ce Gondioc, ne peuvent pas reculer la mort de ce chef Burgunde,
au-delà de l'an 474, puisqu'on voit par les lettres de Sidoine
que, dans le cours de cette année, Chilpéric prenait le titre de
roi, à Lyon. Or, en 474, Carétène n'avait que 19 ans, et elle
aurait eu déjà quatre enfants à cet âge, et des enfants plus
âgés qu'elle, si Gondioc avait été le père de Gondebaud et de
ses trois frères. Il est même propable que Gondioc était mort
plusieurs années avant l'an 474, car je crois que le dernier
titre qui le concerne, est une lettre du pape Hilaire à Léonce
évêque d'Arles ; cette lettre est datée de l'an 463, elle donne Ã
Gondioc le titre de maître de la milice (1).
On voit par les lettres de Sidoine que, en 470, Chilpéric occu-
pait ces mêmes fonctions de chef de la milice (au nom des
Romains), ce qui peut faire présumer que Gondioc n'existait
plus. Lyon n'était pas encore réunie au royaume de Burgundie,
quoique les Burgundes occupassent cette ville comme auxiliaires
des Romains ; elle ne fut réunie à ce royaume que sur la fin de
l'année 474, puisque dans cette même année, où Sidoine donne
à Chilpéric le titre de roi, il en écrit une autre antérieure Ã
Patient, évêque de Lyon, dans laquelle il ne donne d'autre titre
à Chilpéric que celui de chef de la milice.
Au reste, je n'entends présenter les observations contenues
dans cette lettre, que sous une forme dubitative, en souhaitant
qu'elles soient rectifiées, s'il y a lieu, dans l'intérêt de la vérité
historique.
Veuillez, Monsieur, agréer l'assurance de ma parfaite
considération,
Alain MARET:
(!) Actes des Conciles, t. ix, p. 173,